La photo du jour (26/01/12)

Depuis quelques semaines, fleurissent dans Dakar et sa banlieue des panneaux publicitaires pour Gmail, la messagerie de Google. Cette entreprise américaine n’a vraiment pas l’habitude de faire de la pub ailleurs que sur Internet. Ce genre de campagne met en évidence, malgré un faible pourcentage de la population équipée en ordinateur, l’attrait des “gros” de la communication/internet/high-tech pour l’Afrique où ce marché est en plein boom.

Pub Google Gmail au Sénégal

Douceur de vivre

Jeudi 12 janvier, jour férié gracieusement “offert” par le M. le Président à l’occasion du Magal (ou en prévision des élections du mois prochain…), le soleil cogne, le mercure chatouille les 35° à l’ombre et l’océan s’est bien réchauffé. Une petite pensée à ceux qui sont dans le froid.

La photo du jour (04/01/12)

Goodbye 2011. Où que vous soyez sur Terre, j’espère que vos fêtes se sont bien passées et vous souhaite une belle année 2012 et tout ce qui va avec. Paraît-il que c’est la dernière à vivre… Enfin je dis ça, je dis rien.

Pour le premier article de l’année, c’est baobab au menu. Symbole de tout un pays, cet arbre est ici considéré comme “sacré” et lié à de nombreuses pratiques et croyances ancestrales. Il est un peu au Sénégal ce qu’est la vache à l’Inde. On ne lui fait pas de mal, où qu’il soit. Le jus issu de son fruit, le bouye ou ”pain de singe”, est excellent bien qu’un peu épais. On le retrouve parfois jusque dans le message écolo de signature de mail : 

boabab_signaturetexte

Hivernage terminé, baobab sans feuille, baobab quand même :

Baobab - Ile de Dionewar

Première bougie sénégalaise et c’est reparti pour un tour…

Les pages du calendrier défilent, le temps passe à une allure folle, nous sommes déjà en décembre! Demain c’est noël, peu après ce sera l’été. Voilà un an déjà que j’ai posé mes valises à Dakar. Toujours cette même impression d’avoir fait énormément de choses tout en ayant le sentiment d’être arrivé il y a peu. Pour ceux qui ne le savent pas encore, j’ai prolongé mon contrat jusqu’en janvier 2013 et je suis persuadé qu’à la fin je ressentirai encore la même chose. Bilan de cette année, pas mal de points positifs et finalement peu de négatifs. Gardons le positif pour la fin. Globalement, la vie est belle…

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Moundé, village hors du temps

Au coeur du delta du Sine Saloum, Moundé est un village où le temps semble s’être arrêté. Posé sur un îlot de sable au milieu de la mangrove, on y accède après 45 minutes de pirogue à travers palétuviers depuis Mar Lodj. Au premier regard, on sait que le modernisme occidental n’est pas vraiment arrivé jusque là. Notre piroguier nous confirme que très peu de touristes viennent ici, et c’est tant mieux. La mosquée surplombe les toits du haut de son minaret. L’atmosphère paraît comme figée, presque aucun bruit n’émane du village, seulement quelques bêlements de moutons prêts à être égorgé pour la Tabaski le lendemain. La longue passerelle en bois, telle la porte d’entrée unique du village, nous laisse apprécier cette approche, l’impression de pénétrer dans un tableau. C’est dans ces moments là qu’on se dit que le Sénégal nous réserve de nombreuses surprises.

 Village Sine Saloum - Moundé 1   Village Sine Saloum - Moundé 4

Village Sine Saloum - Moundé 2  Village Sine Saloum - Moundé 3

Dans le village, pas grand chose à voir, marcher dans les ruelles suffit pour profiter de l’instant présent et vivre des moments simples avec les villageois et surtout les enfants. Une partie de foot, une séance photo, des sourires, des regards qui en disent long. Aucun d’eux ne nous demande de l’argent ni quoi que ce soit. Dakar est loin, très loin… Nous avons chacun au moins une fillette accrochée au bout de la main. Plus nous avançons dans le village, plus la troupe de gosses autour de nous prend de l’ampleur. Ils sont contents, nous sommes contents, tout le monde est content. Il est déjà l’heure de repartir…

Village Sine Saloum - Moundé - Enfants 1  Village Sine Saloum - Moundé - Enfants 2

Village Sine Saloum - Moundé - Enfants 3  Village Sine Saloum - Moundé - Enfants 4

Crédits photos : Mathieu D.

Popenguine, c’est pop

Sur la “petite côte” au sud de Dakar, Popenguine est l’un de ces endroits où l’on resterait bien flâner. Petit village les pieds dans l’eau, la circulation y est nulle, les gosses jouent sur la place du village, les vieux palabrent à l’ombre d’un arbre, la tranquillité flotte dans l’air. Quant à l’église, elle est là, prête à accueillir une fois par an les pèlerins venus à pied de Dakar sous un soleil de plomb. La plage de sable fin est bien assez grande pour ne pas être alpagué toutes les cinq minutes par un vendeur insistant voulant faire plaisir à vos yeux. De toute façon, il n’y en a que très peu, et ça, il faut habiter à Dakar pour apprécier ce bonheur. Au bout de cette plage, des petites falaises se dressent fièrement face à l’océan et affichent leurs couleurs chaudes quand le soleil vient à se coucher. Ces falaises justement, une voix vous appelle en disant “grimpez en haut”, difficile de résister. D’autant plus quand la réserve naturelle pour y accéder a revêtu son manteau vert éclatant, merci l’hivernage. Le paysage est propre de toute ordure, l’herbe haute, les oiseaux et insectes font pour certains des gloussements bizarres et on se retrouve à regarder une fourmilière avec étonnement… Non vraiment, Popenguine, c’est pop.

Popenguine - plage 1  Popenguine - eglise

Popenguine - réserve 2  Popenguine - arrière village

Popenguine - réserve 1 Popenguine - vu d'en haut

Retrouvez mon interview sur RTL!

Radio RTLLa semaine dernière, je reçois un mail de la radio française RTL me disant que mon profil les intéresse pour passer à l’antenne dans une émission consacrée au voyage, “Itinéraire d’un auditeur gâté”. Je tiens d’ailleurs à remercier mon blog pour la prise de contact… Quelques jours plus tard, me voilà interviewé au téléphone par l’animateur sur ma petite vie au Sénégal. Heureusement, je ne passe pas en direct, ça m’enlève une sacrée pression! 3..2..1 c’est parti, il enchaîne les questions du tac au tac, pas le droit à l’hésitation. Le courant passe bien et je suis plutôt détendu assis au fond de mon canapé, pourtant l’exercice ne semble pas facile à première vue. “C’est dans la boîte” me dit-il, je n’ai pas vu le temps passer et suis plutôt content de n’avoir fait qu’une seule prise. L’enregistrement a été diffusé samedi dernier entre 13h30 et 15h, quelques minutes d’antenne sur la “première radio de France”!

Vous pouvez réécoutez le podcast de l’émission ici, je prends la parole à partir de 5min40.


Parce qu’à Dakar 3

Toujours dans la série “Parce qu’à Dakar”, voici le troisième opus!

Quand tu vois un mec en roller accroché à l’arrière d’un bus sur l’autoroute, tu te dis que les sénégalais te réservent encore de nombreuses surprises.

Quand tu entends les gens marcher, tu te dis que le marché de la chaussure ne peut que bien se porter…

Quand un enfant te demande des bonbons et non de l’argent, c’est que tu es assez loin de la civilisation moderne.

Quand tu regardes tomber la première pluie de l’année, tu as presque la larme à l’oeil.

Quand il pleut, si tu crois que ça va rafraîchir l’air, tu te mets le doigt dans l’oeil.

Quand il y a une grosse pluie, tu ne peux pas sortir dehors, ou alors en maillot de bain.

Quand tu discutes avec un sénégalais, tu te rends compte que pour lui, la pomme, c’est comme la mangue pour nous. On adore ça mais on en trouve difficilement dans nos pays respectifs.

Quand un sénégalais traverse la route, il s’engage la tête dans les étoiles et c’est seulement au beau milieu de la route qu’il jette un oeil sur les voitures qui arrivent… et te fais le regard genre “oh j’avais pas vu”.

Quand tu es dans les bouchons, te peux te retrouver à klaxonner une charrette.

Quand tu vois les gens jeter n’importe quoi, n’importe où, tu as envie de leur greffer une poubelle dans le dos.

Quand une sénégalaise passe de cheveux courts à longs du jour au lendemain, ça ne te choque plus.

Quand une sénégalaise se “tapote” le crâne, c’est que sa tête la gratte et qu’elle ne veut pas démonter sa perruque.

Quand tu entends la sirène d’une ambulance, ferme les yeux et tu te crois aux “States”.

Quand tu es à la Sirène, tu sais que ta soirée va finir au petit matin.

Quand il y a des émeutes (cf 23/06 et 27/06/11), tu ne fais pas le malin.

Quand c’est la prière du vendredi midi et que tu habites au Plateau, tu sais que tu ne pourras pas marcher. La rue se transforme en mosquée de plein air.

Quand c’est le ramadan, tes horaires de travail sont modifiés.

Quand c’est le ramadan, la plupart des boîtes de nuit sont fermées.

Quand tu viens à Dakar, tu ne dois pas en repartir sans avoir fait une soirée “Kool Graoul” chaque premier samedi du mois.

Quand tu rentres en France, tu fais à tout le monde “Bonjour, ça va?”.

Quand tu rentres en France, tu t’aperçois que tu marches sur la route et plus sur les trottoirs…