A la découverte de Saint Louis, l’ex coloniale

Aujourd’hui, direction Saint Louis. Située à 250km au nord de Dakar, nous choisissons de nous y rendre en taxi sept places, de vieilles Peugeot 505 break qui ont eu leurs heures de gloire en France il y a trois décennies, seulement. 6h du matin, départ de la gare routière « Pompier » à Dakar qui ressemble plus à une casse qu’à une gare, vraiment. Une fois à la gare, deux stratégies s’offrent à vous. Soit vous êtes pressé, vous montez alors dans une voiture quasi pleine, théoriquement prête à partir. Vous vous retrouvez assis sur les sièges dans le coffre, vous allez mangez vos genoux pendant tout le trajet, courage. Soit vous repérer une voiture vide et vous vous installez « confortablement » sur la banquette du milieu en attendant que la voiture se remplisse. Pas de chance, les gens évitent les places du coffre, armez-vous de patience donc. Nous avons choisi la première solution, d’une part parce que c’était mon dépucelage du taxi sept places et d’autre part, parce que nous n’avions pas envie de poireauter. Les porte monnaies soulagés de 2500F/3,80€ chacun, les jambes recroquevillées et les genoux dans le menton, la voiture s’élance sur la route dans un rythme « endiablé ». L’ambiance est calme, aucun des passagers ne parle sauf papa et belle maman qui se plaignent d’avoir mal aux gambettes (moi aussi mais shut). Quelques arrestations bakshishées et quatre heures plus tard, nous voilà arrivés à destination. Ereintés, on se pose un moment à la piscine de l’hôtel de la Poste, ancien relais de l’aéropostal, où nous passerons la nuit comme le faisait un certain Jean Mermoz avant de traverser l’Atlantique par les airs dans les années 20.

Ancienne capitale politique de la colonie française, St Louis est aujourd’hui un port de pêche très actif et un site touristique qui attire pas mal de monde, notamment lors du festival de jazz en mai. Construite au niveau de l’embouchure du fleuve Sénégal et de l’océan Atlantique juste sous la frontière mauritanienne, la ville est découpée en trois partie reliées chacune par un pont : la partie continentale, l’île de Saint Louis et la langue de Barbarie.

Saint Louis vue du ciel

Pour visiter la ville, rien de mieux qu’un tour en calèche. Même si on passe pour de vrais touristes (ce que nous sommes après tout), cette balade équestre permet de découvrir des endroits où nous ne serions pas allés à pied, et je l’avoue, permet aussi d’être tranquille notamment sur la langue de Barbarie. Cette langue justement, une bande de sable large de 400 mètres sur laquelle les activités de la pêche ont pris place, grouille de monde. La vie s’étale le long des berges, les pirogues de pêche vont et viennent, les filets sont vidés puis rangés en rythme tout en chantant, les gens viennent acheter le poisson frais alors que les autres sont expédiés par camion ou étalés par milliers pour sécher au soleil (attirant un nombre incalculable de mouches). Malheureusement, cette partie de la ville est vraiment sale, tout est jeté dans le fleuve et finit forcément dans l’océan, ça pique les yeux.

Vidage des filets - Saint Louis  Rue jonchée de filets - Saint Louis Mise à sec d'une pirogue - Saint Louis     Rangement des filets en chant - Saint Louis Berges Barbarie - Saint Louis  Scène de vie - Saint Louis

L’île de Saint Louis, coincée entre le continent et la langue de Barbarie, n’est pas bien plus grande que cette dernière. On y accède via le pont Faidherbe, de construction métallique et actuellement en rénovation. C’est sur ce bout de terre que l’on retrouve le plus de trace coloniale. Des maisons typiques avec leur balcon au premier et les restes de crépis aux couleurs vives laissent imaginer la splendeur d’antan. Les rues rectilignes et perpendiculaires me font penser à un film western lorsque les « méchants » arrivent : vides, sans vie, les fenêtres fermées et la plupart des maisons inhabitées voire abandonnées. Dommage, car classé au patrimoine de l’UNESCO, il devrait y avoir davantage d’efforts faits pour redonner du caractère à cet endroit. D’autant plus que la ville de Lille, avec laquelle elle est jumelée, s’investit fortement dans la rénovation et la relance de Saint Louis.

Pont Faidherbe - Saint Louis   Maison abandonnée 1 - Saint Louis Maison coloniale - Saint Louis     Maison abandonnée 2 - Saint Louis

Le lendemain, nous prenons le bus direction Dakar. Quand je parle de bus, je veux bien sûr parler de ceux que vous preniez pour aller à l’école il y a 20-40 ans et qui finissent leur carrière au Sénégal avec une rangée de sièges supplémentaires dans l’allée du milieu pour entasser encore plus de monde. Pour la petite anecdote, la porte arrière s’est littéralement envolée en roulant. Evidemment, le chauffeur est allé la récupérer à grand coup de marche arrière sur 500 mètres au milieu de la nationale, même pas peur. Nous descendrons à mi-chemin à Kebemer pour passer une nuit dans le désert… La suite au prochain épisode.

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3 réflexions sur “A la découverte de Saint Louis, l’ex coloniale

  1. Très joli portrait de Saint-louis, dommage que vous n’y soyez pas rester plus longtemps. C’est une ville que j’adore, elle surprend, ce petit bout d’ailleurs aux allures surannées en plein Sahel, c’est juste un bonheur. Et puis c’est la ville du métissage, le fleuve y toise l’océan, l’Afrique noire et le monde arabe s’y sont apprivoisés aux cotes d’un ancien empire colonial…

  2. Joli récit ! la prochaine fois vas à gandiol ! tu pourras voir l’embouchure… une bande de sable d’une trentaine de kilomètres sépare le fleuve Sénégal de l’Océan Atlantique c’est magnifique !! Il y a selon la période des oiseaux qu’on ne vois jamais ailleurs au Sénégal (migrateurs) et des tortues et c’est pour moi le plus bel endroit au Sénégal. Et puis il y a un petit campement « océan et savane » pas mal du tout à coté !

  3. Pingback: Sénégal, au revoir | Canal Dakar

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