La Casamance, l’autre Sénégal

La Casamance, crainte par certains, adulée par d’autres. Lointaine et proche à la fois de Dakar. C’est un vrai voyage que de se rendre dans cette région au sud du pays. Embarquer en bateau plutôt qu’en avion est un bon choix, pour les moins pressés. Départ à 19h. Les cabines sont très propres et les plus fortunés prendront celles de 2 ou 4 couchettes avec une douche perso en bonus. Dans tous les cas, évitez les fauteuils encore plus exigus que dans un avion! Les sacs plastique accrochés un peu partout sur les rambardes annoncent la couleur… ça peut secouer! L’ambiance au bar à l’arrière du bateau peut surprendre, ça danse jusqu’au bout de la nuit! Vous vous réveillez au petit matin sur le fleuve Casamance à observer la mangrove tout autour et les dauphins faisant mumuse quelques mètres plus bas. Comptez environ 50€ l’aller/retour contre 120€ en avion avec Sénégalère Lines. Ce qui est sûr, c’est que le bateau sera ponctuel, lui.

Arrivé à Ziguinchor, Zig’ pour les intimes, vous pourrez dire votre premier « Kassoumaï! » (bonjour). La ville n’ayant pas grand chose à offrir niveau tourisme, nous nous déplaçons rapidement vers la gare routière d’où partent les taxis 7 places vers tous les bleds de la région. Les prix sont très bon marché, 1500F par tête par exemple pour aller à Cap Skirring, à ~40km de là. Pour notre part, nous prenons la direction d’Elinkine avec une situation plutôt centrale en Casamance touristique du sud ouest. Très souvent, nous verrons la présence de militaires au bord de la route et nous n’échapperons pas à un petit contrôle. Nous dormons dans le campement villageois, simple et propre. Le tenancier vous racontera un tas d’anecdotes intéressantes sur la région. Nico, le petit singe, assurera le spectacle tandis que les crocodiles vous ferons frissonner. Nous faisons connaissance avec le vin de palme au goût très particulier et tapant vite sur le système… Le village en lui même ressemble à un village lambda de Casamance, on s’y ballade tranquillement en admirant les majestueux et imposants fromagers (l’arbre hein). Petit plus, nous avons eu la chance d’assister au défilé du 4 avril, fête nationale du Sénégal. Militaires et élèves de l’école étaient de la partie.

Le lendemain nous mettons le cap sur la rive d’en face, l’île d’Efrane, au sud de l’île de Carabane. Le campement où nous posons nos valises est très rudimentaire (ni eau, ni électricité) mais les cases faites de branches tressées sont très charmantes et la nuit à 2000FCFA/3€ fait plaisir. Les hamacs éparpillés ça et là à l’ombre des arbres permettent de profiter du calme de l’endroit. Nos tentatives de pêche à la palangrotte ne donneront rien. Le soir, nous nous retrouvons autour d’un feu pour griller du poisson et des huîtres de mangroves encore sur leurs branches. Nous les dégusterons d’ailleurs toujours sur leurs branches. Le lendemain, nous faisons un petit tour en pirogue dans la mangrove aux alentours. Nous nous arrêtons sur un îlot où l’on récolte le vin de palme. Le clou de la visite est une cabane construite tout en haut d’un arbre, à une bonne dizaine de mètres, offrant une vue imprenable sur les alentours.

Prochaine étape du séjour, Cap Skirring, station balnéaire connue pour ses belles plages. Notre grand nombre nous permet d’y aller en pirogue depuis l’île de Carabane, meilleur rapport temps/prix que la route. Sur place, nous posons nos sacs à dos au « Paradise », petit campement sans grandes prétentions sur la plage à environ 5000FCFA/7,50€ la nuit. Nous faisons connaissance avec la plage et surtout ses zébus d’une nonchalance extrême se pavanant sur le sable. A part ça, le village du Cap en lui même n’a pas vraiment de charme. Lors d’une balade sur la plage nous avons été alpagué plusieurs fois et pas toujours de manière sympathique. Nous avons eu une mauvaise intuition une fois avoir passé la plage du Club Med avec des gens louches sortant de nul part et apparaissant de plus en plus nombreux à mesure que nous avancions. Pendant ces 2 jours au Cap, nous avons eu la chance d’aller faire un tour au festival des rizières de Diembereng à quelques km de là. Nous irons y faire un tour le premier soir où nous assistons à une soirée concert reggae régie par des gars du Fil de Saint-Etienne ainsi qu’à un tournoi de lutte le lendemain. Bonne ambiance sur la place du village, au pied d’immenses fromagers.

Le retour vers Ziguinchor se fait sans encombre en taxi sept places. Nous embarquons sur le bateau dans l’après-midi. Comme on nous l’avait dit, le retour est bien plus mouvementé, ça tangue fortement même! Attention donc aux estomacs fragiles. Il est 6h, Dakar s’éveille. Les vacances se terminent avec une envie de revenir.

Crédits photos : Solin, Colin, Maria, Vin’s, Toun, Charles

Publicités

La photo du jour (29/01/13)

Dans le cadre de l’opération Serval au Mali, un porte hélicoptère français est arrivé hier au port de Dakar pour apporter hommes, véhicules et matériel en renfort. Ces derniers prendront la route pour le Mali dans la semaine.

Ce bâtiment naval, le Dixmude, pourrait presque se confondre avec les immeubles du Plateau.

Le Dixmude,bateau francais à Dakar

Reportage vidéo de l’AFP :

Les îles du Cap Vert : terres d’évasion

Voilà un petit « hors sujet » sur ce blog habituellement réservé au Sénégal. Nous partons aujourd’hui à la découverte du Cap Vert, un archipel planté dans l’Atlantique à ~700km à l’ouest de Dakar. Seulement deux compagnies pour s’y rendre depuis la pointe ouest africaine, TACV ou Senegal Airlines (que je vous déconseille fortement pour leur manque de sérieux) contre la coquette somme de ~260€ et 1h40 de votre temps. Que vous soyez montagne ou plage, vous trouverez assurément votre bonheur sur l’une des 10 îles qui s’offrent à vous. Avec deux amis venus de France, nous avons choisi l’île de Santo Antao connue pour être la plus appropriée à la rando et l’île de Santiago. Un challenge d’un voyage au Cap Vert est la difficulté à connaître les horaires des vols internes à l’avance depuis l’extérieur du pays, c’est pourquoi vous devrez faire preuve d’une certaine flexibilité sur votre programme initialement prévu et aussi avoir quelques escudos dans le porte-monnaie… C’est donc à cause de mauvaises correspondances que nous n’aurons pas le temps d’aller crapahuter sur les flancs du volcan de l’île de Fogo.

Une fois atterri à Praia, il faut obtenir un visa contre 25€ et la présentation du carnet de vaccination fièvre jaune, obligatoire en venant de l’Afrique. L’aéroport est accueillant : récent, propre, wifi gratuit, personne qui nous saute dessus à l’arrivée… Tout le contraire de celui de Dakar quoi. Nous dégotons aussitôt un vol interne pour l’île de Sao Vicente. Environ 120€ l’A/R avec la TACV (il existe une autre compagnie un peu moins chère, Halcyonair). L’horaire du vol nous laisse le temps d’aller visiter Praia la capitale. Le tour du quartier principal, le Plato, est vite bouclé à pied. Le marché aux légumes mérite un coup d’oeil, tout comme l’ambiance feutrée de la rue piétonne principale. Atterris sur l’île de Sao Vicente après une heure de vol, nous passons la nuit à Mindelo et embarquons sur un ferry (~13€ A/R, 1h) qui nous permet (enfin) de joindre Santo Antao dépourvue d’aéroport depuis quelques années.

Praia 1  Praia 2

Praia 3  Praia 4

Mindelo 1  Mindelo 2

Pour ne pas perdre de temps et profiter à fond de nos quelques jours, nous avons fait appel à l’agence Nobai qui organise des circuits rando clés en main avec ou sans guide. Transferts, hébergements… tout roule comme sur des roulettes. Je ne peux que vous recommander cette agence sympa qui permet de sortir des sentiers battus à tarif raisonnable. Armés d’un roadbook bien fichu et de notre sac à dos, nous arpentons durant 6 jours le relief de Santo Antao aux paysages aussi incroyables que variés. Au détour de chaque virage nous faisons des « waaaa » avec le sourire aux lèvres. Tout est là pour me faire oublier la platitude et la sécheresse du paysage sénégalais. Nous évoluons dans un décor de carte postale animé par des gens fort sympathiques et (tout juste ce qu’il faut) habitués aux touristes. Les gosses se font photographier sans forcer alors que les artisans produisant le grogo (rhum local) nous invitent volontiers à visiter leur distillerie et goûter le fruit de leur travail quelque part au fond d’une vallée verte.

Santo Antao 1  Santo Antao 2

Santo Antao 3  Santo Antao 4

Santo Antao 5  Santo Antao 6

Ces vallées ou « ribeiras » sont pour la plupart tapissées de terrasses en pierres afin de cultiver sur des flancs très pentus et mieux maîtriser l’irrigation. Quel travail de titan! Durant la saison sèche, l’eau provient des sous-sols du cratère du volcan Cova permettant de faire pousser toute l’année. Les cultures les plus pratiquées sont la banane, la canne à sucre, la papaye, la patate douce, le manioc ou encore le café. Quel plaisir de se balader au milieu de ces cultures et de contempler le chemin de l’eau soigneusement étudié pour ne pas en perdre une goutte. Une mention spéciale pour les bananes cap verdiennes qui sont juste excellentes. Vous voyez le goût artificiel des bananes Haribo? Et bien il existe vraiment en vrai dans la vraie vie.

Santo Antao 7  Santo Antao 8

Santo Antao 9  Santo Antao 10

Santo Antao 11  Santo Antao 12

Retour sur l’île de Santiago via Sao Vicente par ferry puis avion. Il nous reste à peine 3 jours, nous décidons de louer une voiture (Hertz ~60€/jour) pour se déplacer librement et sans perdre de temps à attendre le départ des « aluguer » (pickup ou van servant de transport en commun). Nous posons nos sacs deux nuits dans un hôtel confort à Rui Vaz (prononcez « rouille vache ») pas loin du « Pico » le plus haut sommet de l’île que nous escaladons le lendemain.  Ce soir là, tous les djeun’s du village et des alentours se sont donnés rendez-vous au stade pour assister à un concert organisé pour de la fête du village, l’ambiance était également au rendez-vous. A noter, quasiment personne n’avait un verre à la main et pas une seule cigarette en vue.

Le paysage de Santiago est beaucoup plus sec. C’est sur cette île que l’influence africaine est la plus présente. Je me suis cru dans certains villages au Sénégal, les rues ensablées remplacées par des pavés. La côte Est ne présente pas vraiment d’intérêt, la côte Ouest pas bien plus. Tarrafal tout au nord mérite de s’y arrêter pour ses petites plages de sable blanc. Un peu plus bas, Cidade Velha inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO doit sa nomination au fort qui la surplombe. Nous y resterons d’ailleurs « coincés » 2 jours, suite à l’annulation pure et simple de notre vol retour par Sénégal Airlines sans avoir été prévenus, gros carton rouge pour cette compagnie. Suite à ça, mes amis ont dû racheter à leurs frais un vol retour pour Dakar-Europe à plus de 500€ et Sénégal Airlines n’a rien voulu savoir pour prendre en charge leur boulette.

Santiago 1  Santiago 2

Santiago 3  Santiago 4

Santiago 5  Santiago 6

J’ai rarement vu des panoramas aussi dépaysants lors de mes précédents voyages. Je dirais même que le Cap Vert prend la première place de mon podium. Les paysages sont à la fois grandioses et variés. Le tourisme n’est pas encore là en masse, c’est le moment d’y aller et pourquoi pas en basse saison comme nous. Le climat est similaire à celui du Sénégal, c’est à dire parfait, sauf lors de la saison des pluies de juillet à octobre. Les cap verdiens sont des gens charmants et parfois très bavards. Vous n’avez donc aucune raison d’exclure ce pays pour vos prochaines vacances, si ce n’est la question du budget. Non, je ne suis pas payé par l’office de tourisme du Cap Vert… 🙂

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mon budget pour 10 jours à vue de nez, 1115€ :

  • Vol A/R Dakar-Praia : 260€
  • Visa : 25€
  • Vol interne A/R Praia-Mindelo : 120€
  • 1 nuit à Mindelo : 30€
  • 6 jours de rando à Santo Antao avec roadbook (transfert, logement, ptit déj,dîner inclus) : 360€
  • 2 nuits pension complète à l’hôtel Quinta da Montanha sur Santiago : 80€
  • 2 jours de location de voiture sur Santiago + essence/personne : 50€
  • 1 nuits à Praia : 30€
  • 2 jours/1 nuit à Cidade Velha : aux frais de Sénégal Airlines
  • Restos/pic-nics : 100€
  • Bière/cacahuète/extra : 60€

Crédits photos François, Quentin, Charles.