Les îles du Cap Vert : terres d’évasion

Voilà un petit « hors sujet » sur ce blog habituellement réservé au Sénégal. Nous partons aujourd’hui à la découverte du Cap Vert, un archipel planté dans l’Atlantique à ~700km à l’ouest de Dakar. Seulement deux compagnies pour s’y rendre depuis la pointe ouest africaine, TACV ou Senegal Airlines (que je vous déconseille fortement pour leur manque de sérieux) contre la coquette somme de ~260€ et 1h40 de votre temps. Que vous soyez montagne ou plage, vous trouverez assurément votre bonheur sur l’une des 10 îles qui s’offrent à vous. Avec deux amis venus de France, nous avons choisi l’île de Santo Antao connue pour être la plus appropriée à la rando et l’île de Santiago. Un challenge d’un voyage au Cap Vert est la difficulté à connaître les horaires des vols internes à l’avance depuis l’extérieur du pays, c’est pourquoi vous devrez faire preuve d’une certaine flexibilité sur votre programme initialement prévu et aussi avoir quelques escudos dans le porte-monnaie… C’est donc à cause de mauvaises correspondances que nous n’aurons pas le temps d’aller crapahuter sur les flancs du volcan de l’île de Fogo.

Une fois atterri à Praia, il faut obtenir un visa contre 25€ et la présentation du carnet de vaccination fièvre jaune, obligatoire en venant de l’Afrique. L’aéroport est accueillant : récent, propre, wifi gratuit, personne qui nous saute dessus à l’arrivée… Tout le contraire de celui de Dakar quoi. Nous dégotons aussitôt un vol interne pour l’île de Sao Vicente. Environ 120€ l’A/R avec la TACV (il existe une autre compagnie un peu moins chère, Halcyonair). L’horaire du vol nous laisse le temps d’aller visiter Praia la capitale. Le tour du quartier principal, le Plato, est vite bouclé à pied. Le marché aux légumes mérite un coup d’oeil, tout comme l’ambiance feutrée de la rue piétonne principale. Atterris sur l’île de Sao Vicente après une heure de vol, nous passons la nuit à Mindelo et embarquons sur un ferry (~13€ A/R, 1h) qui nous permet (enfin) de joindre Santo Antao dépourvue d’aéroport depuis quelques années.

Praia 1  Praia 2

Praia 3  Praia 4

Mindelo 1  Mindelo 2

Pour ne pas perdre de temps et profiter à fond de nos quelques jours, nous avons fait appel à l’agence Nobai qui organise des circuits rando clés en main avec ou sans guide. Transferts, hébergements… tout roule comme sur des roulettes. Je ne peux que vous recommander cette agence sympa qui permet de sortir des sentiers battus à tarif raisonnable. Armés d’un roadbook bien fichu et de notre sac à dos, nous arpentons durant 6 jours le relief de Santo Antao aux paysages aussi incroyables que variés. Au détour de chaque virage nous faisons des « waaaa » avec le sourire aux lèvres. Tout est là pour me faire oublier la platitude et la sécheresse du paysage sénégalais. Nous évoluons dans un décor de carte postale animé par des gens fort sympathiques et (tout juste ce qu’il faut) habitués aux touristes. Les gosses se font photographier sans forcer alors que les artisans produisant le grogo (rhum local) nous invitent volontiers à visiter leur distillerie et goûter le fruit de leur travail quelque part au fond d’une vallée verte.

Santo Antao 1  Santo Antao 2

Santo Antao 3  Santo Antao 4

Santo Antao 5  Santo Antao 6

Ces vallées ou « ribeiras » sont pour la plupart tapissées de terrasses en pierres afin de cultiver sur des flancs très pentus et mieux maîtriser l’irrigation. Quel travail de titan! Durant la saison sèche, l’eau provient des sous-sols du cratère du volcan Cova permettant de faire pousser toute l’année. Les cultures les plus pratiquées sont la banane, la canne à sucre, la papaye, la patate douce, le manioc ou encore le café. Quel plaisir de se balader au milieu de ces cultures et de contempler le chemin de l’eau soigneusement étudié pour ne pas en perdre une goutte. Une mention spéciale pour les bananes cap verdiennes qui sont juste excellentes. Vous voyez le goût artificiel des bananes Haribo? Et bien il existe vraiment en vrai dans la vraie vie.

Santo Antao 7  Santo Antao 8

Santo Antao 9  Santo Antao 10

Santo Antao 11  Santo Antao 12

Retour sur l’île de Santiago via Sao Vicente par ferry puis avion. Il nous reste à peine 3 jours, nous décidons de louer une voiture (Hertz ~60€/jour) pour se déplacer librement et sans perdre de temps à attendre le départ des « aluguer » (pickup ou van servant de transport en commun). Nous posons nos sacs deux nuits dans un hôtel confort à Rui Vaz (prononcez « rouille vache ») pas loin du « Pico » le plus haut sommet de l’île que nous escaladons le lendemain.  Ce soir là, tous les djeun’s du village et des alentours se sont donnés rendez-vous au stade pour assister à un concert organisé pour de la fête du village, l’ambiance était également au rendez-vous. A noter, quasiment personne n’avait un verre à la main et pas une seule cigarette en vue.

Le paysage de Santiago est beaucoup plus sec. C’est sur cette île que l’influence africaine est la plus présente. Je me suis cru dans certains villages au Sénégal, les rues ensablées remplacées par des pavés. La côte Est ne présente pas vraiment d’intérêt, la côte Ouest pas bien plus. Tarrafal tout au nord mérite de s’y arrêter pour ses petites plages de sable blanc. Un peu plus bas, Cidade Velha inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO doit sa nomination au fort qui la surplombe. Nous y resterons d’ailleurs « coincés » 2 jours, suite à l’annulation pure et simple de notre vol retour par Sénégal Airlines sans avoir été prévenus, gros carton rouge pour cette compagnie. Suite à ça, mes amis ont dû racheter à leurs frais un vol retour pour Dakar-Europe à plus de 500€ et Sénégal Airlines n’a rien voulu savoir pour prendre en charge leur boulette.

Santiago 1  Santiago 2

Santiago 3  Santiago 4

Santiago 5  Santiago 6

J’ai rarement vu des panoramas aussi dépaysants lors de mes précédents voyages. Je dirais même que le Cap Vert prend la première place de mon podium. Les paysages sont à la fois grandioses et variés. Le tourisme n’est pas encore là en masse, c’est le moment d’y aller et pourquoi pas en basse saison comme nous. Le climat est similaire à celui du Sénégal, c’est à dire parfait, sauf lors de la saison des pluies de juillet à octobre. Les cap verdiens sont des gens charmants et parfois très bavards. Vous n’avez donc aucune raison d’exclure ce pays pour vos prochaines vacances, si ce n’est la question du budget. Non, je ne suis pas payé par l’office de tourisme du Cap Vert… 🙂

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Mon budget pour 10 jours à vue de nez, 1115€ :

  • Vol A/R Dakar-Praia : 260€
  • Visa : 25€
  • Vol interne A/R Praia-Mindelo : 120€
  • 1 nuit à Mindelo : 30€
  • 6 jours de rando à Santo Antao avec roadbook (transfert, logement, ptit déj,dîner inclus) : 360€
  • 2 nuits pension complète à l’hôtel Quinta da Montanha sur Santiago : 80€
  • 2 jours de location de voiture sur Santiago + essence/personne : 50€
  • 1 nuits à Praia : 30€
  • 2 jours/1 nuit à Cidade Velha : aux frais de Sénégal Airlines
  • Restos/pic-nics : 100€
  • Bière/cacahuète/extra : 60€

Crédits photos François, Quentin, Charles.

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Une histoire d’onde

Je vais tenter de vous raconter l’histoire d’amour entre les sénégalais et leur(S) téléphone(S) portable(S), union déclarée par le lien des ondes. Ici, on change de numéro comme de chemise alors pourquoi se contenter d’un seul numéro et d’un seul téléphone? Soyons fou, un numéro pour chéri(e) n°1, un numéro pour chéri(e) n°2 (« saï saï boumak » = gros coquin), un numéro pour le boulot, un numéro parce que les SMS sont moins chers avec cet opérateur, un autre parce que les appels sont moins chers de telle heure à telle heure ou encore un dernier parce que cet opérateur fait des promos plus souvent…

Acquérir un nouveau numéro, c’est comme acheter une baguette, on trouve des cartes SIM à chaque coin de rue pour 1000F/1,50€. Perdre un numéro est tout aussi facile d’ailleurs… Le paiement mensuel type « forfait » n’est pas courant, en effet, plus de 99% des sénégalais sont en prépayé. Du coup, pour gérer tout ces numéros, il faut bien plusieurs téléphones! Il n’est pas rare de voir un sénégalais avec deux ou trois appareils dans les poches. Les plus aisés sont plutôt smartphone mais la grande majorité possèdent des mobiles bon marché à 15-20€ avec une lampe torche (LA fonction indispensable) et la radio pour écouter du mbalax (musique populaire sénégalaise, prononcez mbalarr) ou encore Nostalgie (oui, cette station existe ici aussi). Il est également très courant de voir des téléphones pouvant accueillir deux cartes SIM.

En panne de crédit? Il suffit de marcher 30 secondes dans la rue pour croiser un vendeur de carte de recharge. Les jours de promo, impossible de rater les « promosssssions » lancés par ces vendeurs. D’ailleurs, ces vendeurs, pour qui vendre des cartes est plutôt un job de survie, « pullulent » dans les rues de Dakar. Ils ne touchent environ que 10% des ventes et sont une manne pour les opérateurs en leur « offrant » un réseau de distribution dense et visible.

A 5000F/7,50€ de l’heure environ, le mobile représente un gros budget pour beaucoup. Même en brousse, beaucoup de personnes sont maintenant « connectées » aux ondes et si l’argent vient à manquer pour recharger, les opérateurs ont pensé à tout, évidemment… Le transfert de crédit d’un numéro à l’autre fonctionne très bien et on peut même demander à « l’oncle qui réussi sa vie en France » d’envoyer du crédit ou de l’argent par internet directement sur le mobile du demandeur, magique (?).

Téléphone brousse

Les dernières études montrent que le taux de pénétration du mobile au Sénégal ne fait que croître au fil des années et on ne s’étonne presque plus de trouver du réseau perdu au fin fond de la brousse. En ville, les antennes réseau camouflées en forme de palmier sont presque aussi vrais que nature. Le marché du mobile en Afrique a déjà connu son boom mais continue de gonfler. C’est maintenant au tour de l’internet mobile de se démocratiser et tout le monde y trouve son compte. Preuve en est, Orange en collaboration avec Facebook vient de rendre accessible le célèbre réseau social via un mobile basique (même un Nokia 3210, si si). Ce n’est maintenant plus une surprise si je vous dis que les sénégalais sont devenus accro à leur(s) mobile(s) et qu’Orange produit 10% des recettes de l’état sénégalais…!

La photo du jour (26/01/12)

Depuis quelques semaines, fleurissent dans Dakar et sa banlieue des panneaux publicitaires pour Gmail, la messagerie de Google. Cette entreprise américaine n’a vraiment pas l’habitude de faire de la pub ailleurs que sur Internet. Ce genre de campagne met en évidence, malgré un faible pourcentage de la population équipée en ordinateur, l’attrait des « gros » de la communication/internet/high-tech pour l’Afrique où ce marché est en plein boom.

Pub Google Gmail au Sénégal