Le Cameroun, véritable mix de paysages

Aujourd’hui, nous quittons l’Afrique de l’Ouest pour nous rapprocher de l’équateur, direction le Cameroun! Pour s’y rendre depuis Dakar, pas vraiment le choix, Sénégal Airlines est la seule compagnie qui effectue le trajet en « direct » avec deux stops d’une heure à Abidjan et Cotonou. Comme d’habitude, cette compagnie traite ses clients comme des chiens, j’y reviendrai dans un prochain article pour leur faire une mauvaise pub sans aucun scrupule. Le survol du delta du Niger et du mont Cameroun culminant à 4100m vaut le coup d’oeil par le hublot!

Delta du Niger  Mont Cameroun

 L’arrivée à Douala est marquée par cette lumière jaunâtre si particulière de fin d’après midi et une humidité pesante (malgré la saison sèche en décembre). La sortie de l’aéroport se fait bien plus tranquillement qu’à Dakar. Douala, la plus grande ville du pays mais qui n’est pas sa capitale (Yaoundé) n’a pas grand chose à montrer. Pourtant, les restaurants en bord de fleuve sont sympas pour manger des crevettes et certaines rues du centre sont très animées pour sortir le soir bien qu’il règne un certain climat d’insécurité général. La végétation luxuriante en pleine ville est agréable et donne un premier aperçu de ce qui nous attend dans les prochains jours.  Malheureusement, les murs des maisons et immeubles sont décrépis par les sceaux d’eau qui tombent quasi toute l’année, ce qui donne une impression omniprésente de sale. Une chose qu’on ne peut pas manquer de remarquer est le nombre de motos en circulation, elles font parties intégrante du décor et servent la plupart du temps de taxi. On les appelle les « bend-skins ». Il y en a partout dans le pays et il n’est pas rare de voir 3 ou 4 personnes sur la même selle, ou toutes sortes de marchandises à n’en plus voir la moto.

Centre ville Doula Bend-skin

Après une journée à Douala, nous prenons la route pour l’Ouest, une région à 5-6 heures de route de là. Dès les premiers km, on ne peut pas ignorer les dos d’âne qui ont l’air d’être une spécialité camerounaise tellement ils sont agressifs. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir les voitures les escalader (oui, escalader) en biais quasiment à l’arrêt pour espérer ne pas racler le bas de caisse. Les paysages qui défilent me montrent un autre visage de l’Afrique. Les plantations de bananes, palmiers et ananas s’enchaînent, parfois à perte de vue. Souvent l’on se retrouve au milieu d’une jungle vierge et dense. La route sinueuse se faufile avec aisance dans cette verdure qui fait passer le Sénégal pour un désert. Je suis surpris de voir autant de volcans parfois si haut qu’on ne voit pas leur sommet, caché par la brume. Parfois, on a l’impression de monter à l’Alpe d’Huez. Globalement, le réseau routier principal est bon, les péages à 500 FCFA tous les 50km contribuent à entretenir la route. Les « péages » de police tous les 10km, eux, contribuent à graisser la patte de ces messieurs…

La route vers l'OuestCoucher soleil Cameroun Paysage Ouest CamerounCulture banane Cameroun

Nous arrivons à destination après 6h de route, quelques pannes et une piste de terre rouge, caractéristique du pays. L’hôtel est là, au bord d’un lac entouré de plusieurs petits volcans jonchés de caféiers, c’est le domaine du Petpenoun. Situé en d’altitude, la température est douce et le paysage plus sec que ce que nous avons pu voir sur le trajet. Pendant ces quelques jours, nous faisons tout un tas d’activités, du canoë au VTT en passant par le tennis ou la pétanque (bien entendu). Il y a même un 18 trous « pour faire joli » autour des cases. Les plus fortunés, eux, peuvent atterrir directement sur la piste de l’hôtel… Question restauration, les buffets à volonté matin, midi et soir n’incitent pas au régime.

Domaine du PetpenounDomaine du Petpenoun 2 Lac de cratère Ouest CamerounVue d'ensemble Petpenoun Cameroun

La ville de Foumban, à quelques dizaines de kilomètres de là, est considérée comme un haut lieu de la culture camerounaise. Le palais des sultans est l’attraction principale du coin que l’on peut visiter pour presque rien. Dans des pièces transformées en musée, on y apprend que ce peuple perpétue, encore aujourd’hui, des traditions vieilles de plusieurs siècles. On est étonné par le fait qu’un roi soit toujours à la tête du royaume, ce dernier accède au trône grâce à un système héréditaire créant des histoires familiales sans dessus-dessous. Le royaume Bamoun est une sorte de pays à l’intérieur du pays avec sa propre écriture et ses propres règles.

Palais du sultanFoumban Groupe musique FoumbanIntérieur du palais des sultans Foumban

Le lendemain nous partons à la recherche des hippopotames sur le lac Bamendjing. Ce lac est tout aussi étonnant vu de terre que par satellite. Sur la route, nous faisons une halte chez le chef du village qui nous fait visiter sa maison remplies de bibelots donnant à l’endroit un air de musée. Une fois sur les berges du lac, nous embarquons sur des pirogues en bois propulsées à l’aide d’une rame et surtout à la force des bras. Au cas où nous tomberions dans l’eau… on nous donne des gilets de sauvetage, vous savez, ceux qu’on est censé gonflé en cas de crash d’avion. C’est bon, nous ressemblons à de vrais touristes… La balade est paisible (pour nous, pas pour celui qui rame) et le décor très sympa. L’eau quasiment à l’arrêt reflète l’horizon. Les pêcheurs attendent patiemment que leurs filets se remplissent. Une fois arrivés sur le « spot » aux hippopotames, les piroguiers nous annoncent qu’il ne veulent plus continuer de peur de se faire croquer tout cru. On les comprend quand ils nous disent que l’animal a tué 19 personnes en 2 ans. Dommage, nous n’aurons pas la chance d’en voir dans leur élément naturel.

Lac BamendjingLac Bamendjing 2 Lac Bamendjing 3Lac Bamendjing 4

Nous finissons le séjour par Kribi, au sud de Douala, à 3h de route environ. Kribi est un peu au Cameroun, ce que Saly est au Sénégal en plus petit, bien plus joli et bien moins fréquenté. On y va pour ses plages mais surtout pour ses chutes d’eau se déversant directement dans la mer. Un site hors du commun qui permet de se détendre les doigts de pied en toute tranquillité. Au large, le nombre de port en haute mer est impressionnant, d’énormes bateaux s’y amarrent pour faire le plein de gaz, une des ressources naturelles du Cameroun.

Plage Kribi Cascade Kribi

Il est déjà temps de revenir sur Dakar. Je retiendrai du Cameroun ses paysages verts à profusion (paradoxalement pas très illustrés par mes photos) et son relief généreux. De la brousse, de la jungle, des volcans, des cultures, du désert (tout au nord), des belles plages… le Cameroun est clairement un pays à ne pas rater!

Simal, village paisible

Un weekend allongé, nous décidons de partir sur un coup de tête à dos de mobylette direction le village de Simal dans le Sine Saloum. La route pour y aller est la même que celle de Mar Lodj, les derniers kms se terminent sur une jolie piste au beau milieu du tann.

Tann 1  Tann 2

Le campement est assez atypique : des cases en paille, pas vraiment de porte et une salle de bain à ciel ouvert. Basse saison oblige, nous serons les seuls à profiter de ce bel endroit dans un petit écrin de verdure en bord de lagune ambiancé par le chant des oiseaux.

Campement Simal 1  Campement Simal 2

Campement Simal 3  Campement Simal 4

Le village ressemble à n’importe quel autre village du Saloum. Magie de la nature, tout est vert grâce à la pluie qui tombe de temps à autres depuis juillet. Les animaux de basse-cour, plus nombreux que les habitants, broutent à profusion. Dans certains endroits, le tapis fluo fraîchement sorti de la terre fait penser à un green de golf, si vous vouliez le même dans votre jardin vous n’arriveriez pas à obtenir le même résultat. Que c’est bon de se retrouver entouré de cette verdure flamboyante!

Simal 1  Simal 2

Simal 3  Simal 4

Simal 5  Simal 6

Un petit tour dans les ruelles suffit à se faire approcher par les enfants qui crient « Toubab photo! » en nous voyant. Au croisement de deux rues, les vieux, posés sur des tapis, jouent aux cartes et aux dames à l’ombre d’un arbre.

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La pêche à la palangrote au milieu des palétuviers fut un petit succès (même si le piroguier en a attrapé 5 ou 6 fois plus que nous). Nous avons pu croiser cormorans, pélicans et quelques flamants roses. Bref, un weekend « off Dakar » qui fait du bien.

Les îles du Cap Vert : terres d’évasion

Voilà un petit « hors sujet » sur ce blog habituellement réservé au Sénégal. Nous partons aujourd’hui à la découverte du Cap Vert, un archipel planté dans l’Atlantique à ~700km à l’ouest de Dakar. Seulement deux compagnies pour s’y rendre depuis la pointe ouest africaine, TACV ou Senegal Airlines (que je vous déconseille fortement pour leur manque de sérieux) contre la coquette somme de ~260€ et 1h40 de votre temps. Que vous soyez montagne ou plage, vous trouverez assurément votre bonheur sur l’une des 10 îles qui s’offrent à vous. Avec deux amis venus de France, nous avons choisi l’île de Santo Antao connue pour être la plus appropriée à la rando et l’île de Santiago. Un challenge d’un voyage au Cap Vert est la difficulté à connaître les horaires des vols internes à l’avance depuis l’extérieur du pays, c’est pourquoi vous devrez faire preuve d’une certaine flexibilité sur votre programme initialement prévu et aussi avoir quelques escudos dans le porte-monnaie… C’est donc à cause de mauvaises correspondances que nous n’aurons pas le temps d’aller crapahuter sur les flancs du volcan de l’île de Fogo.

Une fois atterri à Praia, il faut obtenir un visa contre 25€ et la présentation du carnet de vaccination fièvre jaune, obligatoire en venant de l’Afrique. L’aéroport est accueillant : récent, propre, wifi gratuit, personne qui nous saute dessus à l’arrivée… Tout le contraire de celui de Dakar quoi. Nous dégotons aussitôt un vol interne pour l’île de Sao Vicente. Environ 120€ l’A/R avec la TACV (il existe une autre compagnie un peu moins chère, Halcyonair). L’horaire du vol nous laisse le temps d’aller visiter Praia la capitale. Le tour du quartier principal, le Plato, est vite bouclé à pied. Le marché aux légumes mérite un coup d’oeil, tout comme l’ambiance feutrée de la rue piétonne principale. Atterris sur l’île de Sao Vicente après une heure de vol, nous passons la nuit à Mindelo et embarquons sur un ferry (~13€ A/R, 1h) qui nous permet (enfin) de joindre Santo Antao dépourvue d’aéroport depuis quelques années.

Praia 1  Praia 2

Praia 3  Praia 4

Mindelo 1  Mindelo 2

Pour ne pas perdre de temps et profiter à fond de nos quelques jours, nous avons fait appel à l’agence Nobai qui organise des circuits rando clés en main avec ou sans guide. Transferts, hébergements… tout roule comme sur des roulettes. Je ne peux que vous recommander cette agence sympa qui permet de sortir des sentiers battus à tarif raisonnable. Armés d’un roadbook bien fichu et de notre sac à dos, nous arpentons durant 6 jours le relief de Santo Antao aux paysages aussi incroyables que variés. Au détour de chaque virage nous faisons des « waaaa » avec le sourire aux lèvres. Tout est là pour me faire oublier la platitude et la sécheresse du paysage sénégalais. Nous évoluons dans un décor de carte postale animé par des gens fort sympathiques et (tout juste ce qu’il faut) habitués aux touristes. Les gosses se font photographier sans forcer alors que les artisans produisant le grogo (rhum local) nous invitent volontiers à visiter leur distillerie et goûter le fruit de leur travail quelque part au fond d’une vallée verte.

Santo Antao 1  Santo Antao 2

Santo Antao 3  Santo Antao 4

Santo Antao 5  Santo Antao 6

Ces vallées ou « ribeiras » sont pour la plupart tapissées de terrasses en pierres afin de cultiver sur des flancs très pentus et mieux maîtriser l’irrigation. Quel travail de titan! Durant la saison sèche, l’eau provient des sous-sols du cratère du volcan Cova permettant de faire pousser toute l’année. Les cultures les plus pratiquées sont la banane, la canne à sucre, la papaye, la patate douce, le manioc ou encore le café. Quel plaisir de se balader au milieu de ces cultures et de contempler le chemin de l’eau soigneusement étudié pour ne pas en perdre une goutte. Une mention spéciale pour les bananes cap verdiennes qui sont juste excellentes. Vous voyez le goût artificiel des bananes Haribo? Et bien il existe vraiment en vrai dans la vraie vie.

Santo Antao 7  Santo Antao 8

Santo Antao 9  Santo Antao 10

Santo Antao 11  Santo Antao 12

Retour sur l’île de Santiago via Sao Vicente par ferry puis avion. Il nous reste à peine 3 jours, nous décidons de louer une voiture (Hertz ~60€/jour) pour se déplacer librement et sans perdre de temps à attendre le départ des « aluguer » (pickup ou van servant de transport en commun). Nous posons nos sacs deux nuits dans un hôtel confort à Rui Vaz (prononcez « rouille vache ») pas loin du « Pico » le plus haut sommet de l’île que nous escaladons le lendemain.  Ce soir là, tous les djeun’s du village et des alentours se sont donnés rendez-vous au stade pour assister à un concert organisé pour de la fête du village, l’ambiance était également au rendez-vous. A noter, quasiment personne n’avait un verre à la main et pas une seule cigarette en vue.

Le paysage de Santiago est beaucoup plus sec. C’est sur cette île que l’influence africaine est la plus présente. Je me suis cru dans certains villages au Sénégal, les rues ensablées remplacées par des pavés. La côte Est ne présente pas vraiment d’intérêt, la côte Ouest pas bien plus. Tarrafal tout au nord mérite de s’y arrêter pour ses petites plages de sable blanc. Un peu plus bas, Cidade Velha inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO doit sa nomination au fort qui la surplombe. Nous y resterons d’ailleurs « coincés » 2 jours, suite à l’annulation pure et simple de notre vol retour par Sénégal Airlines sans avoir été prévenus, gros carton rouge pour cette compagnie. Suite à ça, mes amis ont dû racheter à leurs frais un vol retour pour Dakar-Europe à plus de 500€ et Sénégal Airlines n’a rien voulu savoir pour prendre en charge leur boulette.

Santiago 1  Santiago 2

Santiago 3  Santiago 4

Santiago 5  Santiago 6

J’ai rarement vu des panoramas aussi dépaysants lors de mes précédents voyages. Je dirais même que le Cap Vert prend la première place de mon podium. Les paysages sont à la fois grandioses et variés. Le tourisme n’est pas encore là en masse, c’est le moment d’y aller et pourquoi pas en basse saison comme nous. Le climat est similaire à celui du Sénégal, c’est à dire parfait, sauf lors de la saison des pluies de juillet à octobre. Les cap verdiens sont des gens charmants et parfois très bavards. Vous n’avez donc aucune raison d’exclure ce pays pour vos prochaines vacances, si ce n’est la question du budget. Non, je ne suis pas payé par l’office de tourisme du Cap Vert… 🙂

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Mon budget pour 10 jours à vue de nez, 1115€ :

  • Vol A/R Dakar-Praia : 260€
  • Visa : 25€
  • Vol interne A/R Praia-Mindelo : 120€
  • 1 nuit à Mindelo : 30€
  • 6 jours de rando à Santo Antao avec roadbook (transfert, logement, ptit déj,dîner inclus) : 360€
  • 2 nuits pension complète à l’hôtel Quinta da Montanha sur Santiago : 80€
  • 2 jours de location de voiture sur Santiago + essence/personne : 50€
  • 1 nuits à Praia : 30€
  • 2 jours/1 nuit à Cidade Velha : aux frais de Sénégal Airlines
  • Restos/pic-nics : 100€
  • Bière/cacahuète/extra : 60€

Crédits photos François, Quentin, Charles.