Le Gabon : l’Afrique version « into the wild »

« Si vous voyez un buffle, allongez vous au sol! Et si vous voyez un éléphant, ne paniquez pas et restez immobiles! », nous disait Daniel, le guide de la forêt. On vous annonce la couleur: le Gabon, c’est sauvage et c’est pour ça qu’on aime s’y balader. Tout au long de notre périple, nous attendrons la rencontre de l’animal comme on la craindra.

Départ de Dakar pour Libreville en avion avec Air Côte d’Ivoire, bien plus fiable que Senegalère Lines. Après 6 heures et un stop à Abidjan, nous arrivons à Libreville. La capitale ne présente pas grand intérêt si ce n’est qu’elle a les pieds dans l’eau, si bien qu’à marée haute, les vagues effleurent le bitume de la route longeant l’estuaire. Venant de Dakar, nous sommes agréablement surpris par le bon état et l’ordre du centre ville. Le parc automobile est récent et fait passer celui de Dakar pour une antiquité. La qualité de l’air s’en ressent d’ailleurs, la pollution y est bien plus faible. À peine sortis de la capitale, qu’on commence à apercevoir la flore locale : humide, verte et dense, fruit de pluies incessantes qui se déversent de septembre a juin. Au cap Esterias, à 15 minutes au nord de Libreville, on découvre pour la première fois la plage gabonaise. L’eau est chaude, alors que nous sommes à la période où la température de l’air est la plus basse de l’année. La plage est bordée d’une verdure luxuriante. Sur la route, une ballade en forêt nous donne un aperçu de ce que nous verrons lors de notre séjour, notamment des arbres immenses emmitouflés de longues lianes, comme dans Tarzan!

Au Gabon, les parcs nationaux sont nombreux. Nous décidons de commencer par visiter le parc national des Monts de Cristal : montagnes recouvertes d’une forêt dense ou les cascades et les rivières côtoient les fleurs et les papillons. Cette végétation serait la plus riche de l’Afrique paraît il. Ce qui est sûr, c’est que le climat est propice. Très humides, les Monts de Cristal sont recouverts en permanence d’une brume épaisse qui laisse parfois échapper un agréable rayon de soleil. Après 3 heures de route/piste depuis Libreville, nous arrivons au barrage de Kinguele. Etant donné le manque d’infrastructures touristiques, la Société des Eaux et Energies Gabonaise (SEEG) y met à disposition un hébergement confortable et une restauration copieuse pour 15 000F la nuit en pension complète. Sur la route, nous sommes émerveillés par l’immensité des arbres et nous croisons pour la première fois une énorme bouse que nous suspectons être celle d’un éléphant. Serait-il possible que ces pentes abruptes et cette forêt compacte abritent ces pachydermes? Pour en avoir le cœur net, nous posons la question au personnel de la SEEG. Perdus en pleine nature, ils vivent pendant un mois complet dans un village fantôme qui se dresse au bord d’une rivière. « Oui, il y a beaucoup d’éléphants ici et des antilopes aussi. Mais en ce moment la piste est en travaux et le bruit des machines fait fuir les animaux. Vous aurez peut-être plus de chance au niveau du deuxième barrage, à Tchimbele. » Après avoir visité de ravissantes chutes et une bonne nuit de sommeil, nous continuons notre route pour atteindre le deuxième barrage. Bien plus imposant, il approvisionne une bonne partie de l’électricité de Libreville. Des employés très chaleureux nous font visiter le site. La quasi totalité des machines se trouvent sous terre, à 120 mètres de profondeur, un site impressionnant. À l’extérieur, une immense étendue d’eau artificielle permet d’alimenter le barrage. Quand je leur demande s’ils voient des animaux, ils me répondent que oui, régulièrement, ils viennent se désaltérer au bord du lac. Moments magiques aussi habituels pour eux que le serait le vol d’un moineau pour nous. Pourtant, pas d’animaux à l’horizon, ni d’éléphant. À notre retour, nous croiserons des traces de passages des pachydermes, caractéristiques par l’écrasement des branches et des fourrées, ainsi que de nombreux excréments : lots de consolations des explorateurs déçus.

Nous poursuivons notre séjour au parc national de Pongara. Après 30 minutes de bateau pour traverser l’estuaire de Libreville et une heure de 4X4, nous voilà arrivés dans une large clairière encerclée par la plage et la jungle. Nos bungalows, de ravissantes cabanes en bois tout confort avec vue sur la plaine, donnent l’impression d’être le Robinson Crusoe des temps modernes. Ici, on prend le temps de prendre son temps. Une ballade le long de la plage nous permet d’admirer la forêt qui se jette sur la plage déserte de sable blanc, jalonnée de vieilles grumes. On guette aussi l’animal sauvage en faisant une halte dans les marais du bord de mer : éléphants, hippopotames, buffles, panthères, singes… La nature en est remplie. Il est pourtant très difficile de les apercevoir tant ils se cachent dans le bois. Au restaurant le soir, sur la terrasse en bois décorée de masques et de sculptures africaines, on nous raconte qu’il est fréquent de croiser des éléphants. « L’éléphant, d’abord tu entends ses pas, tu ressens les vibrations du sol et tu sens son odeur avant même de le voir », nous dit le gérant: un marin breton bon vivant qu’on aime entendre raconter ses périples. Cette nuit là, j’ai senti des vibrations, mais était-ce l’éléphant? Quand les explorateurs ne sont pas là, les éléphants dansent. C’est au petit matin qu’on découvrira les traces des frasques nocturnes de l’éléphant, pas très loin de notre porte.

Le lendemain réveil à 5h. Nous continuons notre recherche lors d’une ballade de 3 heures en forêt en compagnie de Daniel, le guide de Pongara. Muni d’un coupe-coupe presque aussi grand que lui, il se faufile agilement entre les branches de cette forêt qu’il connaît maintenant par cœur. Un craquement, tout le monde s’arrête. Le guide tourne la tête à droite, à gauche, en haut, puis continue son chemin en silence. Pas très loquace Daniel. Alors on se demande : était ce un oiseau? Un singe? Un marsupilami peut être, que sais-je? Plus rien ne m’étonnerait dans cette forêt mystérieuse. Finalement nous croisons un buffle apeuré, puis une mue de python (soulagés de ne pas rencontrer le serpent immense qui la portait), mais toujours pas d’éléphant. Peu importe, les paysages sont magnifiques et l’eau de la mer est chaude. Nous continuerons à observer les traces d’animaux sur la plage et rêverons a la bête étrange qui a pu passer par là. Puis, nous comptons beaucoup sur notre dernière étape: le parc national de l’Ivindo.

Le parc national de l’Ivindo est à l’état sauvage. Formé de jungle, arpenté par une rivière qui a donné son nom au parc, on y trouve les chutes les plus importantes d’Afrique centrale. L’homme est tellement peu présent dans cette zone que même les sentiers empruntés par les guides sont créés par les pas de l’éléphant. Sa particularité : sa forêt compte parmi les dernières au monde à abriter des populations de gorilles.

Un gorille est passé par là

Un gorille est passé par là…

Mais visiter l’Ivindo, ça se mérite! De Libreville, nous comptons 8 heures de train, 4 heures de piste et 3 heures de pirogues pour arriver sur le seul campement du parc, dirigé par la FIGET (Fondation Internationale du Gabon pour l’Eco Tourisme). Réalisé de nuit, ce trajet s’avère être un véritable périple. On retrouve dans le wagon un confort identique à celui des trains français, si ce n’est les secousses, le bruit et parfois l’odeur du poisson séché et du manioc. Durant ce trajet, je franchis pour la première fois l’équateur! Arrivés en gare de Boué à 4h30 du matin, un 4×4 au son d’un zouk enflammé nous conduit façon Sébastien Loeb jusqu’à Makokou où des piroguiers nous attendent pour nous mener au campement. Sur la pirogue taillée d’un bloc dans un large tronc d’arbre, nous sommes de nouveau subjugués par la beauté du paysage : nous glissons sur l’eau noire de l’Ivindo entourés de par et d’autres d’une forêt verte émeraude, haute comme le ciel. La rivière miroite l’horizon. La ballade serait paisible si des rapides ne venaient pas perturber la tranquillité de l’eau. Les piroguiers sont agiles, nous voilà rassurés, nous passons les rapides tour à tour sans chavirer mais nous nous demandons déjà comment nous les remonterons au retour…

Alors que nous avions perdu tout espoir d’observer des animaux sauvages en forêt, et encore moins ce satané pachyderme qui nous joue des tours depuis le début de notre voyage, nous croisons à deux minutes de l’arrivée le tant attendu éléphant! Seul à grignoter des feuillages au bord de l’eau, il n’est que très peu intéressé par notre présence. Il relève parfois les yeux brièvement l’air de dire: « Ben tu t’attendais à quoi?! ». Ce sera le premier et le dernier que nous croiserons. Des étoiles plein les yeux, nous arrivons au campement.

Eléphant dans l'Ivindo

« Ben, tu t’attendais à quoi?! »

Spartiate, le camp se compose de quelques cabanes en bois au cœur de la forêt, non loin des chutes de Kongou. Pour les toilettes, c’est après le troisième tronc à droite et la salle de bain se trouve au fond, dans la baignoire naturelle que nous offre la cascade. Ici, on ne recherche pas le confort mais l’aventure, et nous la vivrons au cours de longues ballades en forêt.

Menés par une joyeuse équipe de guides, nous découvrons les richesses de l’Ivindo. Ses chutes d’eau sont vertigineuses, sa forêt abrite une végétation chatoyante et surtout une ribambelle d’espèces d’animaux sauvages (singes, éléphants, panthères, buffles, phacochères…), qui joueront à cache cache avec nous pendant tout le séjour : nous observerons leurs empreintes, nous croiserons leurs crottes et surtout nous entendrons leurs cris mais nous les verrons peu car, contrairement à la savane, il est relativement difficile d’observer un animal en forêt. Souvent, des singes perchés en haut des arbres joueront aux ombres chinoises avec nous. Une fois, notre regard croisera même une grande ombre noire traversant notre sentier quelques dizaine de mètres devant nous : un gorille.

Le soir, c’est sur une terrasse en bois qui surplombe les chutes que nous prenons notre dîner, simple mais copieux. Puis nous nous asseyons avec les guides autour du feu et nous les écoutons parler de leurs fantastiques aventures. De ces fois où Rodrigue a croisé le gorille ou de l’autre quand Patrick s’est fait chargé par l’éléphant. D’ailleurs, saviez vous que le Gabon regorge d’espèces dangereuses de serpent? La vipère gabonaise et le mamba vert par exemple, terrasseraient l’éléphant d’une seule morsure. L’homme quant à lui n’y survit pas plus de 10 secondes. C’est la boule au ventre que nous rejoignons notre cabane, à la lueur des lucioles par centaines formant un tapis d’étoiles au sol.

Au coucher, l’aventure continue. Les bruits de la jungle tantôt nous bercent, tantôt nous réveillent brusquement. « – Tu as entendu? -Oui! C’est un éléphant qui mange juste à côté de la cabane! – Tu crois? – Oui écoute comme ça craque et comme ça vibre! – Mais non, ça marche sur la terrasse en bois, ça doit être un gros singe! – Un gorille?!! « . On se lève, on ferme la porte à clé, on ferme la moustiquaire, on ferme le drap, on ferme les yeux, tremblants. CROUIC!!  » – Tu as entendu?? – Oui, c’est dans la chambre, allume la lumière! – Oh mon dieu, un animal dans le trou là bas! Un serpent!! – Mais non, c’est une souris, regarde! « . Bien décidée à nous voler notre goûter, serait ce une petite souris de rien du tout qui sème la terreur? Nous nous rendormons, fébriles.

Trois jours se passent et l’heure est au départ. Nous remontons avec dextérité les rapides de l’eau divine et sa forêt sauvage qui gardera bien des mystères.

En partant à la recherche des bêtes sauvages, nous avons croisé bien des trésors. Surtout, nous avons découvert une population qui, malgré sa réputation, nous a accueilli les bras ouverts et le sourire aux lèvres. Maintenant sachez, aventuriers en herbe, qu’explorer le Gabon a un coût, et il ne convient pas à toutes les bourses! Alors pour jouer à cache-cache avec les animaux, à vos portes monnaie, prêts, partez :

  • Visa : 50 000 FCFA/ 75 €
  • Billet d’avion : 460 000 FCFA/ 700 € aller/retour depuis Dakar avec Air Côte d’Ivoire
  • Parc national des Monts de Cristal : 15 000 FCFA/ 23 € la nuit dans les locaux de la SEEG (le bon plan) + 5000 FCFA/ 7,5 € de guide
  • Parc national de Pongara : 200 000 FCFA/ 300 € la nuit pension complète par personne à Pongara lodge
  • Parc national de l’Ivindo : 220 000 FCFA/ 330 € les 3 jours et 2 nuits tout compris par personne (excursions incluses) au campement de la FIGET + 45 000 FCFA/ 69 € de train en 2nd classe + 100 000 FCFA/ 150 € de transfert en 4X4 (aller/retour).
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La Casamance, l’autre Sénégal

La Casamance, crainte par certains, adulée par d’autres. Lointaine et proche à la fois de Dakar. C’est un vrai voyage que de se rendre dans cette région au sud du pays. Embarquer en bateau plutôt qu’en avion est un bon choix, pour les moins pressés. Départ à 19h. Les cabines sont très propres et les plus fortunés prendront celles de 2 ou 4 couchettes avec une douche perso en bonus. Dans tous les cas, évitez les fauteuils encore plus exigus que dans un avion! Les sacs plastique accrochés un peu partout sur les rambardes annoncent la couleur… ça peut secouer! L’ambiance au bar à l’arrière du bateau peut surprendre, ça danse jusqu’au bout de la nuit! Vous vous réveillez au petit matin sur le fleuve Casamance à observer la mangrove tout autour et les dauphins faisant mumuse quelques mètres plus bas. Comptez environ 50€ l’aller/retour contre 120€ en avion avec Sénégalère Lines. Ce qui est sûr, c’est que le bateau sera ponctuel, lui.

Arrivé à Ziguinchor, Zig’ pour les intimes, vous pourrez dire votre premier « Kassoumaï! » (bonjour). La ville n’ayant pas grand chose à offrir niveau tourisme, nous nous déplaçons rapidement vers la gare routière d’où partent les taxis 7 places vers tous les bleds de la région. Les prix sont très bon marché, 1500F par tête par exemple pour aller à Cap Skirring, à ~40km de là. Pour notre part, nous prenons la direction d’Elinkine avec une situation plutôt centrale en Casamance touristique du sud ouest. Très souvent, nous verrons la présence de militaires au bord de la route et nous n’échapperons pas à un petit contrôle. Nous dormons dans le campement villageois, simple et propre. Le tenancier vous racontera un tas d’anecdotes intéressantes sur la région. Nico, le petit singe, assurera le spectacle tandis que les crocodiles vous ferons frissonner. Nous faisons connaissance avec le vin de palme au goût très particulier et tapant vite sur le système… Le village en lui même ressemble à un village lambda de Casamance, on s’y ballade tranquillement en admirant les majestueux et imposants fromagers (l’arbre hein). Petit plus, nous avons eu la chance d’assister au défilé du 4 avril, fête nationale du Sénégal. Militaires et élèves de l’école étaient de la partie.

Le lendemain nous mettons le cap sur la rive d’en face, l’île d’Efrane, au sud de l’île de Carabane. Le campement où nous posons nos valises est très rudimentaire (ni eau, ni électricité) mais les cases faites de branches tressées sont très charmantes et la nuit à 2000FCFA/3€ fait plaisir. Les hamacs éparpillés ça et là à l’ombre des arbres permettent de profiter du calme de l’endroit. Nos tentatives de pêche à la palangrotte ne donneront rien. Le soir, nous nous retrouvons autour d’un feu pour griller du poisson et des huîtres de mangroves encore sur leurs branches. Nous les dégusterons d’ailleurs toujours sur leurs branches. Le lendemain, nous faisons un petit tour en pirogue dans la mangrove aux alentours. Nous nous arrêtons sur un îlot où l’on récolte le vin de palme. Le clou de la visite est une cabane construite tout en haut d’un arbre, à une bonne dizaine de mètres, offrant une vue imprenable sur les alentours.

Prochaine étape du séjour, Cap Skirring, station balnéaire connue pour ses belles plages. Notre grand nombre nous permet d’y aller en pirogue depuis l’île de Carabane, meilleur rapport temps/prix que la route. Sur place, nous posons nos sacs à dos au « Paradise », petit campement sans grandes prétentions sur la plage à environ 5000FCFA/7,50€ la nuit. Nous faisons connaissance avec la plage et surtout ses zébus d’une nonchalance extrême se pavanant sur le sable. A part ça, le village du Cap en lui même n’a pas vraiment de charme. Lors d’une balade sur la plage nous avons été alpagué plusieurs fois et pas toujours de manière sympathique. Nous avons eu une mauvaise intuition une fois avoir passé la plage du Club Med avec des gens louches sortant de nul part et apparaissant de plus en plus nombreux à mesure que nous avancions. Pendant ces 2 jours au Cap, nous avons eu la chance d’aller faire un tour au festival des rizières de Diembereng à quelques km de là. Nous irons y faire un tour le premier soir où nous assistons à une soirée concert reggae régie par des gars du Fil de Saint-Etienne ainsi qu’à un tournoi de lutte le lendemain. Bonne ambiance sur la place du village, au pied d’immenses fromagers.

Le retour vers Ziguinchor se fait sans encombre en taxi sept places. Nous embarquons sur le bateau dans l’après-midi. Comme on nous l’avait dit, le retour est bien plus mouvementé, ça tangue fortement même! Attention donc aux estomacs fragiles. Il est 6h, Dakar s’éveille. Les vacances se terminent avec une envie de revenir.

Crédits photos : Solin, Colin, Maria, Vin’s, Toun, Charles

Fadiouth, l’île aux coquillages

A environ 2 heures de route de Dakar, le village de Fadiouth fait partie de ces petits coins du Sénégal qu’il ne faut pas louper. Une fois arrivé sur le parking, une magnifique et longue passerelle en bois vous montre le chemin à suivre. Les véhicules à moteur ne sont pas autorisés, vous devrez donc utiliser vos jambes… ou votre charrette, si vous ne l’avez pas laissé au garage.

Fadiouth - 1 Faditouh - 2

Fadiouth est construit sur un amas de coquillage, et vu la taille de l’île artificielle, il a fallu en manger du mollusque! Dans n’importe quel recoin du village, vous trouverez des coquilles vides sous vos tongs. Prenez plaisir à vous perdre dans le dédale de ruelles. Attention, vous devrez parfois partager votre chemin avec l’un des nombreux cochons habitants le patelin. Chose assez rare pour le souligner car ici les habitants sont majoritairement catholiques, donc ça mange de la charcut’! Un autre point remarquable et agréable pour les touristes, les prix des souvenirs sont affichés et fixes. Je crois ne jamais avoir vu ça ailleurs au Sénégal, d’autant plus que les vendeurs n’ont pas la hargne de la capitale. C’est donc le bon endroit pour faire tranquillement ses emplettes.

Fadiouth - 3 Faditouh - 5 Fadiouth - 4

Une deuxième passerelle aussi belle que la première mène au cimetière du village, lui aussi construit sur des coquillages. Les chrétiens et musulmans y reposent en paix, preuve que ces deux croyances peuvent cohabiter ensemble. Comme c’est aussi le cas à Mar Lodj par exemple. Le panorama vu de la croix, point culminant de l’îlot, vaut le coup d’oeil. Vous pourrez y voir Fadiouth dans son intégralité et la mangrove aux alentours.

Faditouh - 6 Faditouh - 7

La dernière fois que je me suis rendu à Fadiouth, j’ai eu la mauvaise expérience de m’être fait refuser l’accès au village parce que je ne voulais pas être accompagné d’un guide à 5000 FCFA, comme exigé par le ministère du tourisme présent sur le parking. Depuis quand interdit-on l’accès à un village à des personnes non accompagnées par un guide?! Je veux bien qu’on incite les touristes à faire travailler les locaux, mais surtout pas qu’on les oblige! Pourtant, un mois avant, ma visite s’était déroulée sans aucun soucis, SANS OBLIGATION…

Le Cameroun, véritable mix de paysages

Aujourd’hui, nous quittons l’Afrique de l’Ouest pour nous rapprocher de l’équateur, direction le Cameroun! Pour s’y rendre depuis Dakar, pas vraiment le choix, Sénégal Airlines est la seule compagnie qui effectue le trajet en « direct » avec deux stops d’une heure à Abidjan et Cotonou. Comme d’habitude, cette compagnie traite ses clients comme des chiens, j’y reviendrai dans un prochain article pour leur faire une mauvaise pub sans aucun scrupule. Le survol du delta du Niger et du mont Cameroun culminant à 4100m vaut le coup d’oeil par le hublot!

Delta du Niger  Mont Cameroun

 L’arrivée à Douala est marquée par cette lumière jaunâtre si particulière de fin d’après midi et une humidité pesante (malgré la saison sèche en décembre). La sortie de l’aéroport se fait bien plus tranquillement qu’à Dakar. Douala, la plus grande ville du pays mais qui n’est pas sa capitale (Yaoundé) n’a pas grand chose à montrer. Pourtant, les restaurants en bord de fleuve sont sympas pour manger des crevettes et certaines rues du centre sont très animées pour sortir le soir bien qu’il règne un certain climat d’insécurité général. La végétation luxuriante en pleine ville est agréable et donne un premier aperçu de ce qui nous attend dans les prochains jours.  Malheureusement, les murs des maisons et immeubles sont décrépis par les sceaux d’eau qui tombent quasi toute l’année, ce qui donne une impression omniprésente de sale. Une chose qu’on ne peut pas manquer de remarquer est le nombre de motos en circulation, elles font parties intégrante du décor et servent la plupart du temps de taxi. On les appelle les « bend-skins ». Il y en a partout dans le pays et il n’est pas rare de voir 3 ou 4 personnes sur la même selle, ou toutes sortes de marchandises à n’en plus voir la moto.

Centre ville Doula Bend-skin

Après une journée à Douala, nous prenons la route pour l’Ouest, une région à 5-6 heures de route de là. Dès les premiers km, on ne peut pas ignorer les dos d’âne qui ont l’air d’être une spécialité camerounaise tellement ils sont agressifs. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir les voitures les escalader (oui, escalader) en biais quasiment à l’arrêt pour espérer ne pas racler le bas de caisse. Les paysages qui défilent me montrent un autre visage de l’Afrique. Les plantations de bananes, palmiers et ananas s’enchaînent, parfois à perte de vue. Souvent l’on se retrouve au milieu d’une jungle vierge et dense. La route sinueuse se faufile avec aisance dans cette verdure qui fait passer le Sénégal pour un désert. Je suis surpris de voir autant de volcans parfois si haut qu’on ne voit pas leur sommet, caché par la brume. Parfois, on a l’impression de monter à l’Alpe d’Huez. Globalement, le réseau routier principal est bon, les péages à 500 FCFA tous les 50km contribuent à entretenir la route. Les « péages » de police tous les 10km, eux, contribuent à graisser la patte de ces messieurs…

La route vers l'OuestCoucher soleil Cameroun Paysage Ouest CamerounCulture banane Cameroun

Nous arrivons à destination après 6h de route, quelques pannes et une piste de terre rouge, caractéristique du pays. L’hôtel est là, au bord d’un lac entouré de plusieurs petits volcans jonchés de caféiers, c’est le domaine du Petpenoun. Situé en d’altitude, la température est douce et le paysage plus sec que ce que nous avons pu voir sur le trajet. Pendant ces quelques jours, nous faisons tout un tas d’activités, du canoë au VTT en passant par le tennis ou la pétanque (bien entendu). Il y a même un 18 trous « pour faire joli » autour des cases. Les plus fortunés, eux, peuvent atterrir directement sur la piste de l’hôtel… Question restauration, les buffets à volonté matin, midi et soir n’incitent pas au régime.

Domaine du PetpenounDomaine du Petpenoun 2 Lac de cratère Ouest CamerounVue d'ensemble Petpenoun Cameroun

La ville de Foumban, à quelques dizaines de kilomètres de là, est considérée comme un haut lieu de la culture camerounaise. Le palais des sultans est l’attraction principale du coin que l’on peut visiter pour presque rien. Dans des pièces transformées en musée, on y apprend que ce peuple perpétue, encore aujourd’hui, des traditions vieilles de plusieurs siècles. On est étonné par le fait qu’un roi soit toujours à la tête du royaume, ce dernier accède au trône grâce à un système héréditaire créant des histoires familiales sans dessus-dessous. Le royaume Bamoun est une sorte de pays à l’intérieur du pays avec sa propre écriture et ses propres règles.

Palais du sultanFoumban Groupe musique FoumbanIntérieur du palais des sultans Foumban

Le lendemain nous partons à la recherche des hippopotames sur le lac Bamendjing. Ce lac est tout aussi étonnant vu de terre que par satellite. Sur la route, nous faisons une halte chez le chef du village qui nous fait visiter sa maison remplies de bibelots donnant à l’endroit un air de musée. Une fois sur les berges du lac, nous embarquons sur des pirogues en bois propulsées à l’aide d’une rame et surtout à la force des bras. Au cas où nous tomberions dans l’eau… on nous donne des gilets de sauvetage, vous savez, ceux qu’on est censé gonflé en cas de crash d’avion. C’est bon, nous ressemblons à de vrais touristes… La balade est paisible (pour nous, pas pour celui qui rame) et le décor très sympa. L’eau quasiment à l’arrêt reflète l’horizon. Les pêcheurs attendent patiemment que leurs filets se remplissent. Une fois arrivés sur le « spot » aux hippopotames, les piroguiers nous annoncent qu’il ne veulent plus continuer de peur de se faire croquer tout cru. On les comprend quand ils nous disent que l’animal a tué 19 personnes en 2 ans. Dommage, nous n’aurons pas la chance d’en voir dans leur élément naturel.

Lac BamendjingLac Bamendjing 2 Lac Bamendjing 3Lac Bamendjing 4

Nous finissons le séjour par Kribi, au sud de Douala, à 3h de route environ. Kribi est un peu au Cameroun, ce que Saly est au Sénégal en plus petit, bien plus joli et bien moins fréquenté. On y va pour ses plages mais surtout pour ses chutes d’eau se déversant directement dans la mer. Un site hors du commun qui permet de se détendre les doigts de pied en toute tranquillité. Au large, le nombre de port en haute mer est impressionnant, d’énormes bateaux s’y amarrent pour faire le plein de gaz, une des ressources naturelles du Cameroun.

Plage Kribi Cascade Kribi

Il est déjà temps de revenir sur Dakar. Je retiendrai du Cameroun ses paysages verts à profusion (paradoxalement pas très illustrés par mes photos) et son relief généreux. De la brousse, de la jungle, des volcans, des cultures, du désert (tout au nord), des belles plages… le Cameroun est clairement un pays à ne pas rater!

Promouvoir le tourisme au Sénégal

Montez le son et évadez-vous le temps d’un instant. Une bien belle vidéo pour promouvoir le tourisme au Sénégal. Convaincu? Vous n’avez plus qu’à prendre vos billets d’autant plus que la compagnie Corsair effectue désormais des vols directs et quasi quotidiens depuis Paris pour ~500€ TTC l’aller-retour (Air France n’a qu’à bien se tenir). Une raison de plus pour vous laisser tenter!