Parce qu’à Dakar 5

Quand on te dit « J’arrive« , tu sais que tu peux encore attendre… longtemps.

Quand il pleut averse, tu as l’impression qu’il y a des vendeurs de parapluie partout!

Parce qu’en France on a le 1/4 d’heure français, au Sénégal on a les 2h sénégalaises et on ne prévient surtout pas quand il y a du retard.

Quand les sénégalaises se baladent dans la rue, elles portent des hauts talons et quand elles arrivent au boulot elles sortent les claquettes.

Quand les sénégalaises ont des cheveux qui ne sont pas à elles sur la tête (sisi), elles se tapotent au lieu de se gratter pour ne pas se décoiffer.

Quand tu es une fille, en brousse, les petites filles te touchent tout le temps les cheveux.

Quand tu pars en brousse et que tu rencontres un bébé qui n’a jamais vu de blanc, il pleure.

Quand un singe traverse la route devant toi, c’est normal.

Quand tu vois un cafard gros comme une main dans ta baignoire, c’est normal.

Quand tu vois un rat gros comme un chiot dans ton jardin, c’est normal.

Quand tu finis un restau avec des amis, une lutte acharnée commence pour savoir qui récupérera la petite monnaie.

Quand la nouvelle bouteille de la Gazelle est sortie, tu as cru à une révolution.

Quand une famille fait une fête en ville, elle pose sa grande tente au beau milieu d’une rue, la rue est bloquée, et puis alors?!

Quand il y a une fête en bas de chez toi, tu n’en peux plus d’entendre un mec brailler dans son micro avec un son qui sature pendant 2 jours et 2 nuits.

Quand tu montes dans un taxi le conducteur teste toujours ton niveau de Wolof.

Quand tu tends un billet de 10 000 à un taximan, il te tue du regard et marmonne en Wolof.

Quand tu vois une grosse pierre de chaque côté de la route, c’est qu’il y a un dos d’âne.

Quand tu rencontres un feu tricolore la plupart du temps il ne sert à rien car il est soit en panne, soit remplacé par un gendarme soit ignoré par les automobilistes.

Quand le dernier tronçon d’autoroute a ouvert, tu t’es réjoui de ne plus traverser les « stations balnéaires » Thiaroye, Rufisque, Bargny…

Quand tu es au péage, tu peux rester 10 min parce qu’un mec devant toi conteste le prix ou ne veut tout simplement pas payer.

Quand tu vois les bus de la Dakar Dem Dikk, tu te dis que ce sont les seuls transports publics au monde à avoir un pare-buffle à l’avant et à l’arrière comme les gros 4X4.

Quand certains de tes amis traversent les 4,5km à la nage entre Dakar et l’île de Gorée, tu peux leur mettre un pin’s « I’m a Heros ».

Quand la Tabaski approche, Dakar et sa banlieue devient une ferme géante avec des moutons partout dans les rues.

Quand c’est le jour de la Tabaski, Dakar se transforme en abattoir à ciel ouvert et les plages en poubelles à abats.

Quand un jour férié approche, tu ne sais pas toujours à quelle date il sera fixé, parfois tu ne le sauras que la veille, « il faut voir la lune quoi!« .

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Parce qu’à Dakar 4

Après un bon moment au placard, la série « Parce qu’à Dakar » est de retour.

Quand tu te promènes sous 40 degrés à l’ombre, tu croises encore des bonnets en laine.

Quand tu as passé plusieurs mois ici, tu prends un vermifuge, comme les chiens et les chats de compagnie.

Quand tu te fais arrêter par la police, tu négocies ton amande comme quand tu fais tes courses au marché.

Quand ton taxi est une Dacia Logan, tu te crois dans une limousine.

Quand tu regarde la télé sénégalaise en ce moment, tu peux voir chaque jour l’émission « Khar Bi »,  l’élection du plus beau mouton du pays à la sauce « Star Academy ».

Quand tu vas au zoo, tu te fais arroser par un singe avec une bouteille d’eau si tu ne lui donnes pas une banane.

Quand la première grosse tempête frappe, la nouvelle et flamboyante autoroute se retrouve submergée.

Quand il se met à pleuvoir, des vendeurs de parapluie sortent de nul part.

Quand Dakar est inondé, certains trouvent le moyen de faire un 100m crawl dans l’avenue du quartier.

Quand c’est le ramadan, tu galères pour trouver un restau ouvert.

Quand c’est jour férié, le lendemain l’est souvent aussi, « parce que c’est comme ça ». Comme si le 26 décembre ou le 2 janvier étaient fériés « parce que c’est comme ça ».

Quand il n’y a pas de cacahuètes à l’apéro, ce n’est pas un apéro.

Quand tu es à l’aéroport, on t’embête beaucoup moins quand tu en pars que quand tu y arrives.

Quand on te salue à midi on te demande si tu as bien dormi.

Quand on te vend des breloques au marché elles sont « moins chères que gratuites », ou à « bon prix juste pour toi ».

Quand tu te baignes il y a parfois autant de déchets que de poissons.

Quand tu n’as pas assez d’argent pour payer tes courses à la petite boutique de ta rue, le commerçant te fait entièrement confiance pour ramener le reste demain inch’allah.

Quand la caissière du supermarché n’a pas de petites monnaies pour te rendre la monnaie, elle te dit « je vous dois XX FCFA », sauf que tu ne les reverras jamais.

Quand tu passes à la caisse au supermarché il y a des monsieurs pour mettre tes courses dans les sacs.

Quand tu te promènes le dimanche sur la petite corniche, il y a plus de passage qu’un vendredi soir sur le périf’ parisien.

Quand un fou dort en bas de chez toi il en profite pour hurler toute la nuit au mégaphone.

Quand on te dit que tu as grossi c’est un compliment.

Parce qu’à Dakar 3

Toujours dans la série « Parce qu’à Dakar », voici le troisième opus!

Quand tu vois un mec en roller accroché à l’arrière d’un bus sur l’autoroute, tu te dis que les sénégalais te réservent encore de nombreuses surprises.

Quand tu entends les gens marcher, tu te dis que le marché de la chaussure ne peut que bien se porter…

Quand un enfant te demande des bonbons et non de l’argent, c’est que tu es assez loin de la civilisation moderne.

Quand tu regardes tomber la première pluie de l’année, tu as presque la larme à l’oeil.

Quand il pleut, si tu crois que ça va rafraîchir l’air, tu te mets le doigt dans l’oeil.

Quand il y a une grosse pluie, tu ne peux pas sortir dehors, ou alors en maillot de bain.

Quand tu discutes avec un sénégalais, tu te rends compte que pour lui, la pomme, c’est comme la mangue pour nous. On adore ça mais on en trouve difficilement dans nos pays respectifs.

Quand un sénégalais traverse la route, il s’engage la tête dans les étoiles et c’est seulement au beau milieu de la route qu’il jette un oeil sur les voitures qui arrivent… et te fais le regard genre « oh j’avais pas vu ».

Quand tu es dans les bouchons, te peux te retrouver à klaxonner une charrette.

Quand tu vois les gens jeter n’importe quoi, n’importe où, tu as envie de leur greffer une poubelle dans le dos.

Quand une sénégalaise passe de cheveux courts à longs du jour au lendemain, ça ne te choque plus.

Quand une sénégalaise se « tapote » le crâne, c’est que sa tête la gratte et qu’elle ne veut pas démonter sa perruque.

Quand tu entends la sirène d’une ambulance, ferme les yeux et tu te crois aux « States ».

Quand tu es à la Sirène, tu sais que ta soirée va finir au petit matin.

Quand il y a des émeutes (cf 23/06 et 27/06/11), tu ne fais pas le malin.

Quand c’est la prière du vendredi midi et que tu habites au Plateau, tu sais que tu ne pourras pas marcher. La rue se transforme en mosquée de plein air.

Quand c’est le ramadan, tes horaires de travail sont modifiés.

Quand c’est le ramadan, la plupart des boîtes de nuit sont fermées.

Quand tu viens à Dakar, tu ne dois pas en repartir sans avoir fait une soirée « Kool Graoul » chaque premier samedi du mois.

Quand tu rentres en France, tu fais à tout le monde « Bonjour, ça va? ».

Quand tu rentres en France, tu t’aperçois que tu marches sur la route et plus sur les trottoirs…

Parce qu’à Dakar 2

Le premier article « Parce qu’à Dakar » avait rencontré un certain succès, voici donc le deuxième épisode « pour toi, public ».

Quand tu n’as pas vu l’ombre d’une cacahuète dans la journée, c’est que tu n’es pas sorti de chez toi.

Quand tu veux savoir le temps qu’il va faire demain, tu regardes la météo tu le sais déjà.

Quand le courant revient à la maison, tu as le même sentiment que lorsque tu gagnes au loto, à chaque fois.

Quand tu payes ta facture de courant, tu as l’impression de te faire berner, à chaque fois.

Quand tu veux payer quelque chose, il te faut plusieurs mois pour perdre le réflexe carte bleue, ici c’est cash only.

Quand tu retires du cash, le distributeur te donne souvent des billets de 10000F/15€, ensuite tu te bats pour faire de la petite monnaie (c’est d’ailleurs devenu un de mes sports quotidiens).

Quand on vient te toucher les bijoux de famille dans un bar ou une boîte, tu sais à qui tu as affaire.

Quand tu veux de nouveaux vêtements, tu ne vas pas faire les magasins, tu appelles ton tailleur pour qu’il te fasse ce que tu veux, sur mesure.

Quand tu es fan de poisson et fruits de mer, tu peux te permettre d’en manger chaque jour sans faire un trou dans ton porte-monnaie.

Quand on te propose un prix, tu peux appliquer la règle de 5, voire plus.

Quand tu regardes en l’air, tu ne vois pas des pigeons mais des rapaces par centaines.

Quand tu perds ton téléphone ce n’est pas très grave, en général tu n’as pas un smartphone high-tech-bling-bling-de-la-mort-qui-tue mais un mobile à 15€ (si tu as l’écran couleur, c’est un luxe) et une carte sim prépayée que tu peux racheter à chaque coin de rue pour 3€.

Quand tu te mets en coloc, c’est dans une villa de 300m² pas loin de la plage.

Quand tu roules sur l’autoroute, tu joues à un petit jeu consistant à éviter les piétons qui traversent ou marchent sur la « bande d’arrêt d’urgence ».

Quand tu te fais arrêter, c’est souvent par des cowboys.

Quand tu vois des branchages posés sur le bord de la route, tu sais qu’il y a un danger pas loin (véhicule en panne, bouche d’égout non bouchée…).

Quand tu voyages en taxi 7 places, tu sais qu’il ne faut pas prendre les places de derrière sous peine de manger tes genoux tout le long du trajet.

Quand tu conduis, tu te demandes où sont passés les panneaux, les feux rouges, stops, priorités… ce qui constitue le code de la route quoi.

Quand tu croises deux hommes se tenant la main, c’est juste qu’il sont amis (en Inde, c’est très courant).

Quand tes chaussures sont sales, tu n’as qu’à lever les yeux pour trouver un cireur.

Quand c’est vendredi, les boubous colorés (vêtements sénégalais) sont de sortie.

Quand tu regardes les chaînes de télé locales, tu zappes rapidement parce que c’est artisanal et kitch.

Quand tu lis les unes des journaux locaux, c’est très souvent trash, scandaleux, saignant avec photo à l’appui.

Quand tu entends un « Pan! » sous les roues d’une voiture, tu sais que c’est une pochette d’eau vide jetée par un passant.

Quand tu comptes le nombre de jours fériés dans le calendrier sénégalais, tu as le sourire. Wow! 18!

Quand tu achètes de l’eau, tu prends des bidons de 10L, c’est moins cher (1000F/1,50€) et plus écolo!

Quand ton frigo est vide et que tu n’as pas envie de sortir de chez toi pour manger, tu passes un coup de fil et tu attends que ça vienne à toi.

Quand tu vas à la boulangerie, tu fais la « queue », tu demandes à la vendeuse ce que tu veux, elle tape sur sa machine et te donne un ticket. Ensuite tu vas voir la caissière, tu payes, elle tamponne ton ticket puis tu retournes vers la vendeuse avec ce ticket, et seulement là, tu récupères ta pauvre petite baguette à 200F/0,30€.

Quand la saison des pluies (« hivernage ») arrive, tu joues à un petit jeu avec les sénégalais consistant à deviner dans combien de jours elle va arriver. « Humm aujourd’hui je dirais 20 jours inch’allah »

Quand tu vas au marché Sandaga, tu te dis que ces mecs insupportables qui te saoulent dès ton arrivée n’ont décidément rien compris au commerce.

Quand tu sors quelques jours de Dakar, sur la route du retour tu as le blues et te dis « J’étais bien là bas, je ne veux pas y retourner ». Plusieurs jours passent : « Finalement, c’est pas si mal! »

Parce qu’à Dakar…

Quand tu as de l’électricité et de l’eau courante, tu peux t’estimer heureux.

Quand tu reçois ta facture d’électricité, tu te dis que finalement, les coupures qui durent 6h c’est pas si mal.

Quand il fait 20-22°, tu enfiles un pull et te plains qu’il fait froid.

Quand c’est le weekend, c’est les vacances.

Quand c’est les vacances, c’est encore mieux que les vacances.

Quand tu y travailles, les gens en France croient que tu glandes toute la journée.

Quand tu veux faire le fainéant (hors du boulot), tu peux vraiment faire le fainéant.

Quand tu marches en ville, pas besoin de baladeur, les mosquées se chargent de mettre l’ambiance.

Quand tu vois quelqu’un à vélo, tu t’étonnes « Ah un vélo! ».

Quand tu vas à la police des étrangers pour faire ta carte d’identité d’étranger (~visa), on te demande combien tu as de femmes.

Quand tu payes une facture en liquide, tu payes en supplément et à chaque fois un timbre fiscal de 0,30€.

Quand un sénégalais te demande si tu es avec quelqu’un et que tu réponds « personne », il se dit que tu as un problème.

Quand tu regardes les pubs, tu vois des produits pour blanchir la peau.

Quand tu écoutes la radio, tu entends des pubs qui durent 5 min et qui répètent 5 fois la même chose (vous vous rappelez de « Si juvabien, juvamine » ?).

Quand tu croises un troupeau de chèvres en pleine ville, ça ne te choque même plus.

Quand tu vois des queues leu-leu dans la rue, c’est qu’il y a un match de foot ou de lutte à la télé.

Quand tu fais la queue (phénomène rare, sauf pour les matchs à la télé), il y a toujours quelqu’un qui s’empressera de passer sans gêne devant toi.

Quand tu te ballades dans la rue, tu dis souvent bonjour, même à des inconnus.

Quand tu dis bonjour, ça peut durer cinq minutes : « et la famille? et la matinée? et la fraîcheur? et le travail?… ».

Quand tu veux interpeller quelqu’un, tu fais « TSSSS » (ce que je ne supporte PAS).

Quand tu vas au restau, ça peut te coûter 3€. Tu vas dans un autre restau cent mètres plus loin ça pourra te coûter 50€.

Quand tu cherches un Mcdo, ça ne sert à rien de chercher.

Quand tu as bu deux verres (ou plus mais pas trop quand même), tu ne te poses pas la question de savoir si tu peux prendre le volant ou non.

Quand tu te gares en ville, un mec viendra toujours te voir pour garder ta voiture moyennant moyens car c’est « son » trottoir.

Quand tu as une voiture, tu la fais laver tous les jours au risque d’user la peinture de propreté.

Quand deux voitures arrivent à un croisement, souvent les deux vont doucement s’arrêter au beau milieu.

Quand une voiture ou un camion tombe en panne, le mec ne se met pas sur le côté, non, il reste là où il s’est arrêté.

Quand tu es dans les bouchons (à cause du mec en panne au milieu de la route), tu peux faire tes courses, des vendeurs ambulants remontent les files à pied et vendent tout et (vraiment) n’importe quoi.

Quand il y a un trou dans la route, on le rebouche avec du sable, des gravas, détritus… et puis on recommence une semaine après (ou pas).

Quand ton klaxon est en panne, tu multiplies les risques d’avoir un accident par cinq (en Inde, c’est vingt).

Quand c’est dimanche, c’est désert.

Quand tu te demandes qui sont les gérants d’un établissement, souvent la même réponse : des libanais.

Quand tu vas au supermarché Casino, tu as l’impression d’être en France.

Quoi qu’il arrive, tu prendras des kilos.

Si tu ne sais pas négocier, tu devras t’y mettre pour ne pas te faire plumer.

Rien n’est gratuit.

C’est comme ça, « inch’allah ».


Le mot de la fin :