Le Gabon : l’Afrique version « into the wild »

« Si vous voyez un buffle, allongez vous au sol! Et si vous voyez un éléphant, ne paniquez pas et restez immobiles! », nous disait Daniel, le guide de la forêt. On vous annonce la couleur: le Gabon, c’est sauvage et c’est pour ça qu’on aime s’y balader. Tout au long de notre périple, nous attendrons la rencontre de l’animal comme on la craindra.

Départ de Dakar pour Libreville en avion avec Air Côte d’Ivoire, bien plus fiable que Senegalère Lines. Après 6 heures et un stop à Abidjan, nous arrivons à Libreville. La capitale ne présente pas grand intérêt si ce n’est qu’elle a les pieds dans l’eau, si bien qu’à marée haute, les vagues effleurent le bitume de la route longeant l’estuaire. Venant de Dakar, nous sommes agréablement surpris par le bon état et l’ordre du centre ville. Le parc automobile est récent et fait passer celui de Dakar pour une antiquité. La qualité de l’air s’en ressent d’ailleurs, la pollution y est bien plus faible. À peine sortis de la capitale, qu’on commence à apercevoir la flore locale : humide, verte et dense, fruit de pluies incessantes qui se déversent de septembre a juin. Au cap Esterias, à 15 minutes au nord de Libreville, on découvre pour la première fois la plage gabonaise. L’eau est chaude, alors que nous sommes à la période où la température de l’air est la plus basse de l’année. La plage est bordée d’une verdure luxuriante. Sur la route, une ballade en forêt nous donne un aperçu de ce que nous verrons lors de notre séjour, notamment des arbres immenses emmitouflés de longues lianes, comme dans Tarzan!

Au Gabon, les parcs nationaux sont nombreux. Nous décidons de commencer par visiter le parc national des Monts de Cristal : montagnes recouvertes d’une forêt dense ou les cascades et les rivières côtoient les fleurs et les papillons. Cette végétation serait la plus riche de l’Afrique paraît il. Ce qui est sûr, c’est que le climat est propice. Très humides, les Monts de Cristal sont recouverts en permanence d’une brume épaisse qui laisse parfois échapper un agréable rayon de soleil. Après 3 heures de route/piste depuis Libreville, nous arrivons au barrage de Kinguele. Etant donné le manque d’infrastructures touristiques, la Société des Eaux et Energies Gabonaise (SEEG) y met à disposition un hébergement confortable et une restauration copieuse pour 15 000F la nuit en pension complète. Sur la route, nous sommes émerveillés par l’immensité des arbres et nous croisons pour la première fois une énorme bouse que nous suspectons être celle d’un éléphant. Serait-il possible que ces pentes abruptes et cette forêt compacte abritent ces pachydermes? Pour en avoir le cœur net, nous posons la question au personnel de la SEEG. Perdus en pleine nature, ils vivent pendant un mois complet dans un village fantôme qui se dresse au bord d’une rivière. « Oui, il y a beaucoup d’éléphants ici et des antilopes aussi. Mais en ce moment la piste est en travaux et le bruit des machines fait fuir les animaux. Vous aurez peut-être plus de chance au niveau du deuxième barrage, à Tchimbele. » Après avoir visité de ravissantes chutes et une bonne nuit de sommeil, nous continuons notre route pour atteindre le deuxième barrage. Bien plus imposant, il approvisionne une bonne partie de l’électricité de Libreville. Des employés très chaleureux nous font visiter le site. La quasi totalité des machines se trouvent sous terre, à 120 mètres de profondeur, un site impressionnant. À l’extérieur, une immense étendue d’eau artificielle permet d’alimenter le barrage. Quand je leur demande s’ils voient des animaux, ils me répondent que oui, régulièrement, ils viennent se désaltérer au bord du lac. Moments magiques aussi habituels pour eux que le serait le vol d’un moineau pour nous. Pourtant, pas d’animaux à l’horizon, ni d’éléphant. À notre retour, nous croiserons des traces de passages des pachydermes, caractéristiques par l’écrasement des branches et des fourrées, ainsi que de nombreux excréments : lots de consolations des explorateurs déçus.

Nous poursuivons notre séjour au parc national de Pongara. Après 30 minutes de bateau pour traverser l’estuaire de Libreville et une heure de 4X4, nous voilà arrivés dans une large clairière encerclée par la plage et la jungle. Nos bungalows, de ravissantes cabanes en bois tout confort avec vue sur la plaine, donnent l’impression d’être le Robinson Crusoe des temps modernes. Ici, on prend le temps de prendre son temps. Une ballade le long de la plage nous permet d’admirer la forêt qui se jette sur la plage déserte de sable blanc, jalonnée de vieilles grumes. On guette aussi l’animal sauvage en faisant une halte dans les marais du bord de mer : éléphants, hippopotames, buffles, panthères, singes… La nature en est remplie. Il est pourtant très difficile de les apercevoir tant ils se cachent dans le bois. Au restaurant le soir, sur la terrasse en bois décorée de masques et de sculptures africaines, on nous raconte qu’il est fréquent de croiser des éléphants. « L’éléphant, d’abord tu entends ses pas, tu ressens les vibrations du sol et tu sens son odeur avant même de le voir », nous dit le gérant: un marin breton bon vivant qu’on aime entendre raconter ses périples. Cette nuit là, j’ai senti des vibrations, mais était-ce l’éléphant? Quand les explorateurs ne sont pas là, les éléphants dansent. C’est au petit matin qu’on découvrira les traces des frasques nocturnes de l’éléphant, pas très loin de notre porte.

Le lendemain réveil à 5h. Nous continuons notre recherche lors d’une ballade de 3 heures en forêt en compagnie de Daniel, le guide de Pongara. Muni d’un coupe-coupe presque aussi grand que lui, il se faufile agilement entre les branches de cette forêt qu’il connaît maintenant par cœur. Un craquement, tout le monde s’arrête. Le guide tourne la tête à droite, à gauche, en haut, puis continue son chemin en silence. Pas très loquace Daniel. Alors on se demande : était ce un oiseau? Un singe? Un marsupilami peut être, que sais-je? Plus rien ne m’étonnerait dans cette forêt mystérieuse. Finalement nous croisons un buffle apeuré, puis une mue de python (soulagés de ne pas rencontrer le serpent immense qui la portait), mais toujours pas d’éléphant. Peu importe, les paysages sont magnifiques et l’eau de la mer est chaude. Nous continuerons à observer les traces d’animaux sur la plage et rêverons a la bête étrange qui a pu passer par là. Puis, nous comptons beaucoup sur notre dernière étape: le parc national de l’Ivindo.

Le parc national de l’Ivindo est à l’état sauvage. Formé de jungle, arpenté par une rivière qui a donné son nom au parc, on y trouve les chutes les plus importantes d’Afrique centrale. L’homme est tellement peu présent dans cette zone que même les sentiers empruntés par les guides sont créés par les pas de l’éléphant. Sa particularité : sa forêt compte parmi les dernières au monde à abriter des populations de gorilles.

Un gorille est passé par là

Un gorille est passé par là…

Mais visiter l’Ivindo, ça se mérite! De Libreville, nous comptons 8 heures de train, 4 heures de piste et 3 heures de pirogues pour arriver sur le seul campement du parc, dirigé par la FIGET (Fondation Internationale du Gabon pour l’Eco Tourisme). Réalisé de nuit, ce trajet s’avère être un véritable périple. On retrouve dans le wagon un confort identique à celui des trains français, si ce n’est les secousses, le bruit et parfois l’odeur du poisson séché et du manioc. Durant ce trajet, je franchis pour la première fois l’équateur! Arrivés en gare de Boué à 4h30 du matin, un 4×4 au son d’un zouk enflammé nous conduit façon Sébastien Loeb jusqu’à Makokou où des piroguiers nous attendent pour nous mener au campement. Sur la pirogue taillée d’un bloc dans un large tronc d’arbre, nous sommes de nouveau subjugués par la beauté du paysage : nous glissons sur l’eau noire de l’Ivindo entourés de par et d’autres d’une forêt verte émeraude, haute comme le ciel. La rivière miroite l’horizon. La ballade serait paisible si des rapides ne venaient pas perturber la tranquillité de l’eau. Les piroguiers sont agiles, nous voilà rassurés, nous passons les rapides tour à tour sans chavirer mais nous nous demandons déjà comment nous les remonterons au retour…

Alors que nous avions perdu tout espoir d’observer des animaux sauvages en forêt, et encore moins ce satané pachyderme qui nous joue des tours depuis le début de notre voyage, nous croisons à deux minutes de l’arrivée le tant attendu éléphant! Seul à grignoter des feuillages au bord de l’eau, il n’est que très peu intéressé par notre présence. Il relève parfois les yeux brièvement l’air de dire: « Ben tu t’attendais à quoi?! ». Ce sera le premier et le dernier que nous croiserons. Des étoiles plein les yeux, nous arrivons au campement.

Eléphant dans l'Ivindo

« Ben, tu t’attendais à quoi?! »

Spartiate, le camp se compose de quelques cabanes en bois au cœur de la forêt, non loin des chutes de Kongou. Pour les toilettes, c’est après le troisième tronc à droite et la salle de bain se trouve au fond, dans la baignoire naturelle que nous offre la cascade. Ici, on ne recherche pas le confort mais l’aventure, et nous la vivrons au cours de longues ballades en forêt.

Menés par une joyeuse équipe de guides, nous découvrons les richesses de l’Ivindo. Ses chutes d’eau sont vertigineuses, sa forêt abrite une végétation chatoyante et surtout une ribambelle d’espèces d’animaux sauvages (singes, éléphants, panthères, buffles, phacochères…), qui joueront à cache cache avec nous pendant tout le séjour : nous observerons leurs empreintes, nous croiserons leurs crottes et surtout nous entendrons leurs cris mais nous les verrons peu car, contrairement à la savane, il est relativement difficile d’observer un animal en forêt. Souvent, des singes perchés en haut des arbres joueront aux ombres chinoises avec nous. Une fois, notre regard croisera même une grande ombre noire traversant notre sentier quelques dizaine de mètres devant nous : un gorille.

Le soir, c’est sur une terrasse en bois qui surplombe les chutes que nous prenons notre dîner, simple mais copieux. Puis nous nous asseyons avec les guides autour du feu et nous les écoutons parler de leurs fantastiques aventures. De ces fois où Rodrigue a croisé le gorille ou de l’autre quand Patrick s’est fait chargé par l’éléphant. D’ailleurs, saviez vous que le Gabon regorge d’espèces dangereuses de serpent? La vipère gabonaise et le mamba vert par exemple, terrasseraient l’éléphant d’une seule morsure. L’homme quant à lui n’y survit pas plus de 10 secondes. C’est la boule au ventre que nous rejoignons notre cabane, à la lueur des lucioles par centaines formant un tapis d’étoiles au sol.

Au coucher, l’aventure continue. Les bruits de la jungle tantôt nous bercent, tantôt nous réveillent brusquement. « – Tu as entendu? -Oui! C’est un éléphant qui mange juste à côté de la cabane! – Tu crois? – Oui écoute comme ça craque et comme ça vibre! – Mais non, ça marche sur la terrasse en bois, ça doit être un gros singe! – Un gorille?!! « . On se lève, on ferme la porte à clé, on ferme la moustiquaire, on ferme le drap, on ferme les yeux, tremblants. CROUIC!!  » – Tu as entendu?? – Oui, c’est dans la chambre, allume la lumière! – Oh mon dieu, un animal dans le trou là bas! Un serpent!! – Mais non, c’est une souris, regarde! « . Bien décidée à nous voler notre goûter, serait ce une petite souris de rien du tout qui sème la terreur? Nous nous rendormons, fébriles.

Trois jours se passent et l’heure est au départ. Nous remontons avec dextérité les rapides de l’eau divine et sa forêt sauvage qui gardera bien des mystères.

En partant à la recherche des bêtes sauvages, nous avons croisé bien des trésors. Surtout, nous avons découvert une population qui, malgré sa réputation, nous a accueilli les bras ouverts et le sourire aux lèvres. Maintenant sachez, aventuriers en herbe, qu’explorer le Gabon a un coût, et il ne convient pas à toutes les bourses! Alors pour jouer à cache-cache avec les animaux, à vos portes monnaie, prêts, partez :

  • Visa : 50 000 FCFA/ 75 €
  • Billet d’avion : 460 000 FCFA/ 700 € aller/retour depuis Dakar avec Air Côte d’Ivoire
  • Parc national des Monts de Cristal : 15 000 FCFA/ 23 € la nuit dans les locaux de la SEEG (le bon plan) + 5000 FCFA/ 7,5 € de guide
  • Parc national de Pongara : 200 000 FCFA/ 300 € la nuit pension complète par personne à Pongara lodge
  • Parc national de l’Ivindo : 220 000 FCFA/ 330 € les 3 jours et 2 nuits tout compris par personne (excursions incluses) au campement de la FIGET + 45 000 FCFA/ 69 € de train en 2nd classe + 100 000 FCFA/ 150 € de transfert en 4X4 (aller/retour).
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Sénégalère lines

Sénégalère LinesSénégal Airlines ou Sénégalère Lines, quelle différence? Cet article fait partie des rares coups de gueule de ce blog, si ce n’est le premier. Lors de mon dernier voyage avec cette compagnie créée en 2011, une goutte a fait débordé le vase. Si seulement c’était la seule goutte… Lorsque j’entends autour de moi les récits de personnes ayant eu un problème lors d’un récent voyage en Afrique de l’Ouest, c’est qu’elles ont presque à coup sûr voyagé avec Sénégalère Lines.

Quand il est question d’avertir ses clients par mail d’une promo et de placarder de la pub en 4 par 3 dans tout le pays, pas de problème! Mais quand il s’agit de prévenir leurs clients d’une annulation de vol, ne serait-ce que par mail, alors là, on peut toujours attendre! Bien sûr les billets ont été achetés dans une de leur agence, et bien sûr ils possèdent les coordonnées de leurs clients. Mais non, leur service client est incompétent et incapable de passer un coup de téléphone pour essayer de rattraper leur zizanie avant qu’il ne soit trop tard.

Idem lorsqu’il s’agit de vendre du rêve en proposant un vol quotidien vers une destination et qu’ils n’arrivent pas à remplir leurs avions, pas de problème! On annule les vols des deux prochains jours, vite fait bien fait, histoire de remplir et rentabiliser le vol dans 3 jours. On vous dira alors sans gêne : « Désolé mais votre vol a été annulé, vous ne partez que dans 2 jours« . Mais quelle compagnie digne de ce nom clamant le slogan « Vivre l’élégance à l’africaine » peut vous annoncer ça à l’aéroport à deux heures du départ?! Bien sûr, si vous avez une correspondance après ce vol, que  vous allez forcément louper, c’est pour votre pomme! Personne ne voudra rien savoir, on vous dira « qu’on vous a emmené à bon port » et jamais, oh grand jamais, vous n’obtiendrez un quelconque dédommagement!! A vous de raquer, comme si les billets de Sénégalère Lines n’étaient pas déjà assez chers comme ça.

S’il vous plaît, Sénégal Airlines, avant de couler, essayez au moins de donner une belle image de votre pays à travers votre compagnie. Quelques pistes pour y arriver :

  • on ne prend pas ses clients pour de la viande, ni pour des pigeons, ni pour des portes monnaie sur pattes
  • on assume ses difficultés jusqu’au bout et on prévient dès que possible ses clients d’une quelconque annulation/modification de vol par mail et /ou par téléphone
  • on arrête de vendre des vols quotidiens alors que l’on sait pertinemment qu’on n’arrivera pas à les remplir/rentabiliser
  • on part à l’heure, c’est à dire, ni en retard… et ni en avance…
  • on fait en sorte que la clim fonctionne sous peine de voir la carlingue se transformer en four géant
  • on forme ses employés d’agence et on les sanctionne en cas de demande de bakchich à ses clients « pour garder la réservation » parce que le terminal de paiement par carte ne fonctionne plus.

Sénégal Airlines, après une seconde tentative infructueuse pour renouer nos liens, vous ne me reverrez plus dans vos coucous.

Bien à vous.

Promouvoir le tourisme au Sénégal

Montez le son et évadez-vous le temps d’un instant. Une bien belle vidéo pour promouvoir le tourisme au Sénégal. Convaincu? Vous n’avez plus qu’à prendre vos billets d’autant plus que la compagnie Corsair effectue désormais des vols directs et quasi quotidiens depuis Paris pour ~500€ TTC l’aller-retour (Air France n’a qu’à bien se tenir). Une raison de plus pour vous laisser tenter!